Au lendemain du premier tour des élections municipales à Marseille, le maire sortant Benoît Payan a réagi aux résultats en appelant à la mobilisation des électeurs pour le second tour. Arrivée en tête dimanche soir, la liste du Printemps marseillais entend désormais faire barrage au Rassemblement national, dont la progression inquiète une partie de la classe politique locale, mais sans accepter la main tendue de Sebastien Delogu.
Hier soir, le maire sortant de Marseille a affirmé que la main tendue par Delogu s’apparentait plus à un poing serré durant la campagne, déclarant même avoir rarement subi une telle violence lors d’une campagne.
Le maire sortant reproche aussi au député insoumis de ne pas avoir suffisamment ciblé le Rassemblement national durant la campagne.
Alors que le PS refuse tout accord avec LFI au niveau national, mais que la gauche a choisi de s’unir à Toulouse Benoit Payan fait donc le Paris qu’agiter l’épouvantail de l’extrême droite suffira a faire barrage dans la cité phocéenne.
Aujourd’hui, après le dépôt des listes du Printemps marseillais en préfecture, Benoît Payan a d’abord rappelé que les Marseillaises et les Marseillais avaient placé sa liste en tête lors du premier tour. Pour le maire sortant, ce résultat confirme selon lui, l’adhésion d’une partie des électeurs au projet porté par la coalition de gauche et d’écologistes qui dirige la ville depuis 2020.
Il souligne toutefois que la bataille électorale reste ouverte, alors que le Rassemblement national se trouve désormais en position de peser dans l’issue du second tour.
Selon Benoît Payan, la semaine qui s’ouvre constitue « le plus grand combat que cette ville ait connu » face au RN.
Un appel à l’union des forces progressistes
Face à cette situation, le maire sortant appelle à l’unité des forces de progrès. Il estime que sa liste incarne déjà cette logique de rassemblement entre différentes sensibilités politiques de gauche et écologistes.
Selon lui, les électeurs marseillais se retrouveront désormais face à deux choix lors du second tour. D’un côté, une ville qui continuerait à se relever et à rester unie. De l’autre, une ville qui pourrait basculer vers un projet qu’il accuse de diviser les habitants selon leurs origines, leurs croyances ou leur lieu de résidence.
Benoît Payan affirme refuser cette perspective pour la cité phocéenne.
Benoît Payan ferme la porte à une alliance avec LFI
Le maire sortant confirme avoir « entériné » l’absence de toute discussion ou alliance avec La France insoumise.
Il maintient que la stratégie adoptée par Sébastien Delogu pendant la campagne a contribué à diviser la gauche. Il estime notamment que le député s’est trompé d’adversaire.
Un appel implicite à la responsabilité
Malgré ces critiques, Benoît Payan indique ne pas vouloir appeler explicitement au désistement de Sébastien Delogu. Il dit refuser de donner des consignes ou de commenter les choix des autres candidats.
Il estime toutefois que le député insoumis devra désormais « prendre ses responsabilités » afin d’éviter une victoire du Rassemblement national à Marseille.
La réaction d’Antoine Léuament
Suite aux déclarations de Benoit Payan, le député LFI de l’Essonne Antoine Léaument juge sur X son comportement comme « irresponsable et irrespectueux envers les électeurs insoumis qu’il est censé convaincre au second tour ». « Le mépris ne poussera personne aux urnes et peut même dégoûter ses propres électeurs! Benoît Payan doit revenir à la raison ».
Une campagne du second tour sous haute tension
Dans ce contexte, la campagne du second tour s’annonce particulièrement tendue dans la deuxième ville de France. Entre divisions à gauche et montée du Rassemblement national, l’issue du scrutin reste incertaine.
Benoît Payan espère désormais convaincre une majorité d’électeurs de se rassembler autour du Printemps marseillais pour conserver la mairie et poursuivre la politique engagée depuis 2020.