Une enquête publiée par Mediapart révèle l’existence de milliers de messages racistes, antisémites et néonazis attribués à Quentin Deranque, militant d’extrême droite mort en février à Lyon après avoir été violemment frappé par plusieurs individus en marge d’une conférence organisée à Sciences Po Lyon.
Dans une longue enquête publiée le 12 mars, le média d’investigation affirme avoir retrouvé plusieurs comptes anonymes utilisés par le militant sur le réseau social X.
Trois profils auraient été actifs entre le printemps 2023 et février 2026 : @PatricienD, @Gavariou et @ultragavariou. Selon Mediapart, ces comptes totalisent plusieurs milliers de publications diffusant des propos racistes, antisémites et faisant l’apologie du fascisme et du nazisme.
Parmi les messages cités dans l’enquête figurent notamment des déclarations revendiquant un soutien à Adolf Hitler ou appelant à la diffusion de l’ouvrage Mein Kampf dans les lycées. D’autres publications visaient les lois françaises réprimant le racisme et le négationnisme.
Une rhétorique raciste et extrémiste
L’enquête décrit également une série de publications particulièrement violentes à caractère raciste. Les messages évoquent notamment des slogans issus de milieux suprémacistes et comportent de nombreuses insultes visant les personnes noires et les populations immigrées.
Le militant, présenté comme catholique traditionaliste, exprimait également une opposition radicale à l’avortement. Dans certains messages, il s’en prenait à Simone Veil, figure de la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse en France.
Un rapport revendiqué à la confrontation physique
Selon Mediapart, les publications du militant évoquent aussi un intérêt marqué pour la confrontation physique. Quelques jours avant sa mort, Quentin Deranque aurait participé à un entraînement aux techniques de combat organisé par le groupuscule Audace Lyon dans un parc de la ville.
Cet entraînement était présenté comme une session d’« autodéfense » face à ce que certains participants décrivaient comme une augmentation des violences contre les personnes blanches.
Une affaire judiciaire toujours en cours
Quentin Deranque est mort en février après avoir été frappé par plusieurs personnes cagoulées à proximité d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan organisée à Sciences Po Lyon.
L’enquête judiciaire se poursuit. Sept personnes âgées de 20 à 26 ans ont été mises en examen dans cette affaire. Selon une source proche du dossier citée par l’AFP, elles seraient membres ou proches du mouvement antifasciste La Jeune Garde, fondé en 2018 par le député Raphaël Arnault.
L’affaire continue de susciter un débat politique et médiatique important, notamment autour des violences politiques et de la radicalisation idéologique dans certains milieux militants.
Sources : Médiapart, Libération, L’Humanité.