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Agnes et Fred. Photo : @Greg Fiori

Lyon: la communauté hip-hop se mobilise pour la marche antifasciste du 14 mars

Plusieurs collectifs et organisations appellent à une grande marche antifasciste à Lyon ce samedi 14 mars. Le rassemblement est prévu à 14h30 place Bellecour, avec pour objectif de dénoncer la montée de l’extrême droite et d’exprimer un soutien aux organisations syndicales récemment visées par des attaques ou des menaces. Parmi les participants annoncés figure également un collectif issu de la scène hip-hop lyonnaise.

Dans leur appel à manifester, les organisateurs évoquent un climat politique qu’ils jugent préoccupant et dénoncent ce qu’ils considèrent comme une banalisation des idées d’extrême droite dans le débat public. Ils citent notamment les dégradations visant le syndicat Solidaires ainsi que la menace d’attentat reçue par la CGT Ville de Lyon.

Des pionniers du hip-hop lyonnais engagés

Agnès Maembé et Fred Bendongué, deux figures historiques du hip-hop à Lyon, appellent la communauté à rejoindre la mobilisation à travers le collectif Unité Hip-Hop Lyonnais.

Agnès Maembé a été membre du groupe Amazone, considéré comme le premier groupe féminin de hip-hop de la région lyonnaise. Fred Bendongué fait quant à lui partie des premières générations de danseurs hip-hop en France, notamment dans la banlieue lyonnaise. Au fil des années, il a fondé plusieurs compagnies de danse, dont la compagnie Aleni puis la compagnie Fred Bendongué.

Avec la création du collectif Unité Hip-Hop Lyonnais, ils souhaitent rassembler les acteurs du hip-hop autour d’un engagement commun.

« Le hip-hop, à l’origine, a un ancrage social. C’est une culture qui porte des valeurs d’unité, de paix et de partage », explique Fred Bendongué.

Une mobilisation face aux violences racistes

Pour Agnès Maemblé, cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par une multiplication d’actes racistes. Elle évoque notamment plusieurs agressions récentes qui, selon elle, n’ont pas suscité une indignation suffisante.

L’artiste affirme également avoir été elle-même confrontée au racisme à différentes périodes de sa vie.

« Aujourd’hui, le racisme est de plus en plus décomplexé. C’est comme si c’était devenu normal d’afficher qu’on n’aime pas l’autre », estime-t-elle.

Selon elle, la mobilisation de samedi doit permettre aux personnes concernées de faire entendre leur voix et de dénoncer ces violences.

Une mémoire des luttes antiracistes

Fred Bendongué rappelle que ces combats s’inscrivent dans une histoire plus ancienne. Il évoque notamment la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983, partie des Minguettes à Vénissieux et qui avait traversé la France jusqu’à Paris, à laquelle il avait participé.

« Cette marche est historique. Elle a réuni plus de 100 000 personnes à l’arrivée », rappelle-t-il.

Plus de quarante ans après, il estime que les mêmes enjeux restent d’actualité.

« Nous sommes en 2026 et nous sommes encore obligés de marcher pour dénoncer les crimes racistes et la montée du fascisme », explique-t-il.

Une expression artistique dans la manifestation

Le collectif Unité Hip-Hop Lyonnais prévoit également de participer à la manifestation par des performances artistiques. Des rappeurs, danseurs et graffeurs devraient être présents pour exprimer leur engagement à travers leurs disciplines.

« Le hip-hop est une culture multiraciale. Nous voulons faire entendre nos voix et dire stop au racisme », martèle Agnès Maïmbé.

Le collectif invite ainsi tous les artistes, mais aussi les amateurs et passionnés de hip-hop, à rejoindre la mobilisation.

Le cortège doit partir de la place Bellecour, point de départ habituel de nombreuses manifestations lyonnaises, avant de parcourir les rues du centre-ville. Pour les organisateurs, l’objectif est clair: rappeler que la culture et l’engagement citoyen peuvent se rejoindre pour dénoncer le racisme et défendre les valeurs d’égalité.

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