Invité de l’émission Clique sur Canal+, Éric Cantona s’est exprimé sur la multiplication des conflits dans le monde. L’ancien international français estime qu’une loi internationale pourrait profondément dissuader les dirigeants d’entrer en guerre. Une idée simple mais radicale : obliger les chefs d’État qui déclenchent un conflit à partir eux-mêmes au front.
La voix d’Éric Cantona continue de porter bien au-delà des terrains de football. À 59 ans, l’ancien attaquant emblématique de Manchester United, aujourd’hui acteur et figure médiatique, s’est exprimé sur la situation internationale lors d’un entretien accordé à l’émission Clique, diffusée sur Canal+. Face à la multiplication des conflits armés dans plusieurs régions du monde, l’ex-footballeur a livré une réflexion personnelle sur la responsabilité des dirigeants politiques dans les guerres contemporaines.
Au cours de l’entretien, Cantona évoque un contexte géopolitique qu’il juge particulièrement préoccupant. De l’Ukraine au Yémen, en passant par le Soudan, le Pakistan ou encore les tensions récentes impliquant l’Iran, les foyers de guerre se multiplient. Un climat qui, selon lui, interroge la facilité avec laquelle certains États s’engagent dans des conflits armés.
Dans ce cadre, l’ancien international français propose une idée volontairement provocatrice, mais destinée selon lui à provoquer un débat de fond. Il imagine la création d’une loi internationale qui obligerait les dirigeants politiques à assumer directement les conséquences des guerres qu’ils déclenchent.
« Hier, je me disais un truc : je voudrais créer une loi, ou qu’on demande à un tribunal international une loi internationale qui dirait que si un président décide d’aller faire une guerre, il soit le premier au front au lieu d’envoyer des jeunes de 18 ans », explique-t-il dans l’émission. À ses yeux, une telle mesure aurait un effet dissuasif immédiat.
Selon Cantona, la distance entre les décideurs politiques et la réalité du champ de bataille constitue l’un des grands paradoxes des conflits modernes. Les chefs d’État, dit-il, prennent souvent leurs décisions « dans des bureaux de 25 mètres de long », tandis que ce sont principalement de très jeunes soldats qui sont envoyés combattre.
L’ancien joueur insiste également sur la dimension humaine des conflits. Il rappelle que les victimes ne sont pas uniquement des combattants, mais aussi des civils. « Tu envoies des jeunes de 18 ans de chez toi, mais souvent tu es l’oppresseur et en face, ce ne sont pas des jeunes de 18 ans. Ce sont des gamins de 3 ans, de 11 ans. Des innocents », poursuit-il.
Derrière la formule provocatrice, Cantona avance une conviction : si les dirigeants devaient eux-mêmes affronter la guerre sur le terrain, la décision d’y recourir serait beaucoup plus rare. « Il y aurait moins de guerres si on faisait ça », affirme-t-il, estimant que peu de responsables politiques accepteraient réellement une telle responsabilité.
Habitué aux prises de position publiques, Éric Cantona n’en est pas à sa première sortie sur des sujets de société ou de politique internationale. L’ancien footballeur s’est régulièrement exprimé au fil des années sur les questions sociales, la solidarité ou encore l’engagement citoyen.
Son intervention dans Clique s’inscrit dans cette tradition. Une réflexion personnelle, à la fois simple et provocatrice, qui s’insère dans un débat plus large sur la responsabilité politique face aux conflits armés et au coût humain des guerres contemporaines.
Sources :
Clique (Canal+) – Interview d’Éric Cantona – https://www.canalplus.com
RMC Sport – Déclaration d’Éric Cantona sur les guerres – https://rmcsport.bfmtv.com
AFP – Contexte des conflits internationaux – https://www.afp.com