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Mojtaba Khamenei. Photo : @Iran Military Monitor/wikipedia

Mojtaba Khamenei : le fils d’Ali Khamenei désigné nouveau Guide suprême de l’Iran après la mort de son père

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L’Assemblée des experts iranienne a désigné Mojtaba Khamenei comme nouveau Guide suprême de la République islamique, succédant à son père Ali Khamenei, tué lors de frappes israélo-américaines. Longtemps resté dans l’ombre mais considéré comme une figure influente du régime, ce religieux de 56 ans prend la tête du système politique iranien dans un contexte régional explosif. Israël a déjà averti que tout successeur d’Ali Khamenei serait désormais considéré comme une cible.

L’Iran entame une nouvelle séquence politique majeure. L’Assemblée des experts, l’organe chargé de désigner le Guide suprême de la République islamique, a officiellement choisi Mojtaba Khamenei pour succéder à son père Ali Khamenei, mort le week-end dernier après des frappes menées par les États-Unis et Israël. La décision a été rendue publique dimanche 8 mars à l’issue d’un vote interne de l’institution composée de 88 dignitaires religieux.

Dans un communiqué relayé par les médias d’État iraniens, l’Assemblée des experts présente Mojtaba Khamenei comme « le troisième guide du système sacré de la République islamique d’Iran ». L’institution affirme que cette nomination résulte d’un « vote décisif » et appelle la population iranienne à faire allégeance au nouveau dirigeant et à préserver l’unité nationale.

Dans un premier temps, les responsables de l’Assemblée avaient simplement évoqué « le candidat le plus approprié » choisi par la majorité de ses membres. Le représentant du Khouzestan Mohsen Heydari avait indiqué que la décision reflétait une position majoritaire au sein de l’instance. La confirmation du nom de Mojtaba Khamenei est finalement intervenue dans la soirée, lors d’une annonce diffusée à la télévision d’État.

La transition intervient après une courte période d’intérim. Depuis la mort d’Ali Khamenei, la direction provisoire du pays était assurée par un triumvirat composé du président Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï et du dignitaire religieux Alireza Arafi, membre de l’Assemblée des experts et du Conseil des gardiens de la Constitution.

Une succession longtemps évoquée

Né le 8 septembre 1969 dans la ville sainte de Machhad, Mojtaba Khamenei est l’un des six enfants de l’ancien Guide suprême. Discret dans l’espace public mais réputé extrêmement influent au sein des cercles du pouvoir, son nom circulait depuis plusieurs années comme successeur potentiel de son père.

Âgé de 56 ans, il porte le turban noir des « seyyed », symbole des descendants du prophète Mahomet. Formé dans les séminaires religieux de Qom, l’un des principaux centres théologiques du chiisme, il y a également enseigné la théologie.

Malgré cette visibilité limitée, plusieurs observateurs estimaient depuis longtemps qu’il disposait d’une influence réelle au cœur du système iranien. En 2019, le département du Trésor américain lui avait imposé des sanctions, estimant qu’il représentait déjà son père dans certaines fonctions et que celui-ci lui avait délégué une partie de ses responsabilités politiques et administratives.

Mojtaba Khamenei est également réputé proche des milieux conservateurs et des Gardiens de la Révolution, la force militaire et idéologique centrale du régime. Les relations entre le religieux et cette institution remontent notamment à la guerre Iran-Irak (1980-1988), durant laquelle il avait rejoint une unité combattante.

Les Gardiens de la Révolution ont d’ailleurs rapidement affiché leur soutien à sa nomination. Dans un communiqué officiel, ils ont affirmé être « prêts à obéir totalement » au nouveau Guide suprême et lui ont prêté allégeance.

Mojtaba Khamenei serait aussi à la tête d’une fortune considérable et posséderait des biens immobiliers au Royaume-Uni et en Suisse, détenus par l’intermédiaire de prête-noms, parmi lesquels l’homme d’affaires iranien et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Ali Ansari qui aurait obtenu un passeport chypriote en 2016, ce qui lui aurait permis de poursuivre discrètement ses activités commerciales au sein de l’Union européenne. En octobre 2025, le Royaume-Uni a toutefois annoncé le gel de l’ensemble des avoirs d’Ali Ansari, l’accusant d’avoir contribué au financement du Corps des gardiens de la révolution islamique.

Une succession sous haute tension internationale

L’accession de Mojtaba Khamenei au sommet du pouvoir intervient dans un contexte géopolitique particulièrement tendu. Avant même l’annonce officielle de sa nomination, Israël avait averti que tout successeur d’Ali Khamenei serait désormais considéré comme une cible potentielle.

Le président américain et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald JTrump a également déclaré dans un entretien accordé au média Axios qu’il n’accepterait pas que Mojtaba Khamenei prenne la tête de la République islamique.

À l’intérieur du pays, la figure du nouveau Guide suprême reste controversée. Des opposants iraniens l’accusent notamment d’avoir joué un rôle dans la répression du mouvement de contestation qui avait suivi la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad en 2009, une crise politique majeure qui avait marqué la République islamique.

Cette succession ouvre ainsi une nouvelle phase pour le régime iranien, marqué à la fois par une continuité familiale inédite dans l’histoire du pouvoir religieux du pays et par un contexte régional particulièrement instable.

Sources :

Wikipedia, Le HuffPost

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