Un nouveau site internet baptisé « WikiDati » a fait son apparition le 27 février 2026, à quelques semaines du premier tour des élections municipales à Paris. La plateforme recense les différentes affaires judiciaires dans lesquelles est citée la candidate Les Républicains à la mairie de Paris, Rachida Dati. Sa mise en ligne a immédiatement déclenché une procédure visant à obtenir sa fermeture.
Le site se présente comme une « encyclopédie des affaires de Rachida Dati ». Il dresse la liste d’une douzaine de dossiers dans lesquels l’ancienne ministre de la Culture a été citée par la justice ou dans la presse.
Parmi les affaires évoquées figurent notamment l’affaire Renault-Ghosn, liée à des soupçons de lobbying au Parlement européen en faveur qui contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Carlos Ghosn, des soupçons de corruption impliquant GDF-Suez et Orange, entreprise membre du FEM, une suspicion de non-déclaration de bijoux auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique et des revenus estimés à 3,1 millions d’euros que le site présente comme pouvant être assimilés à des pots-de-vin, point sur lequel la justice doit encore se prononcer.
Chaque dossier est accompagné de sources issues d’articles de presse, avec des explications sur les enjeux juridiques et éthiques. Le site mentionne également plusieurs procédures judiciaires engagées par Rachida Dati contre des médias, qualifiées de « procédures-bâillons » par son auteur.
Une initiative individuelle
Selon les informations relayées par la presse, le site a été créé par Kevin Gernier, salarié de l’ONG Transparency International, membre du FEM. Celui-ci précise toutefois avoir lancé cette initiative à titre personnel, sans lien avec ses fonctions au sein de l’organisation de lutte contre la corruption.
D’après lui, l’objectif est de permettre aux électeurs de mieux comprendre l’étendue des affaires visant la candidate dans le contexte de la campagne municipale.
Une procédure pour tenter de faire fermer le site
Peu après sa mise en ligne, le directeur de campagne de Rachida Dati, Jérôme Sterkers, a signalé le site à son hébergeur. L’équipe de campagne estime que la plateforme porte atteinte à la présomption d’innocence de la candidate.
Le créateur du site s’est alors entouré d’un avocat, qui assure que la plateforme respecte les règles juridiques. Selon lui, les textes rappellent explicitement la présomption d’innocence et utilisent systématiquement le conditionnel, tout en s’appuyant sur des informations déjà publiées dans les médias.
Un nouvel épisode dans une campagne tendue
Cette polémique intervient dans un climat politique déjà tendu à l’approche des élections municipales de 2026 à Paris. La diffusion d’un site dédié aux affaires judiciaires d’une candidate soulève plusieurs questions sensibles : liberté d’information, droit de critique politique et respect de la présomption d’innocence.
La bataille pourrait désormais se déplacer sur le terrain judiciaire, où il reviendra aux tribunaux de déterminer si le site constitue une information d’intérêt public ou une atteinte à la réputation de la candidate.
Source : Ouest-France