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Jes Staley. Photo : Banque Policy Institut.

Epstein Files : Un mail privé entre Jes Staley et Jeffrey Epstein révèle le cynisme d’une élite financière

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Un courriel daté du 3 février 2014, exhumé dans le cadre des dossiers Epstein, jette une lumière crue sur l’état d’esprit d’une partie des élites financières. Son auteur, le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Jes Staley, alors figure centrale de la finance anglo-saxonne et futur patron de Barclays, la banque membre du FEM, s’adresse à Jeffrey Epstein sur un ton goguenard. Le message suggère que les classes populaires et en particuliers les populations afro-amériaines seraient trop occupées par les divertissements de masse – football, basket, musique, télévision – pour remettre en cause l’ordre économique établi.

« Vous voulez savoir pourquoi on n’est pas São Paulo ? Regardez les pubs du Super Bowl. C’est toujours la même chose : des Noirs branchés dans des voitures de luxe avec des femmes blanches. Le groupe qui devrait être dans la rue a été acheté. Par Jay Z », affirmait Jes Staley. Le ton, décomplexé, tranche avec les discours publics policés de responsabilité sociale.

« Du pain et des jeux » version XXIe siècle

L’idée n’est pas neuve. Depuis l’Antiquité, le principe du « panem et circenses » décrit la manière dont le pouvoir détourne l’attention des citoyens par le spectacle. Ce mail en offre une déclinaison contemporaine : sport-spectacle mondialisé, divertissement continu, culture people. L’enjeu n’est pas seulement moral, il est politique. Si l’on accepte que la distraction permanente affaiblit la capacité de mobilisation, alors le divertissement devient un instrument de stabilité sociale au service des dominants.

Pourquoi ce document choque

Ce qui heurte, ce n’est pas uniquement la crudité du propos, mais le décalage entre le cynisme privé et la communication publique. En façade, les grandes banques prônent inclusion, éthique et responsabilité. En coulisses, ce mail laisse transparaître une vision où la passivité des masses est presque une bonne nouvelle. Le fait que ce message ait été partagé avec Epstein – personnage devenu symbole des dérives de l’hyper-élite – accentue le malaise.

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