La diffusion, sur le compte Truth Social du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump, d’une vidéo à caractère raciste représentant Barack et Michelle Obama en singes a provoqué une vive indignation aux États-Unis. Après des heures de flottement, la Maison Blanche a reconnu une « erreur » interne et supprimé le contenu. De nombreux internautes estiment qu’il pourrait s’agir d’une manoeuvre pour détourner l’attention des révélations impliquant Trump dans les Epstein Files.
La scène s’est jouée en quelques heures, mais ses répercussions politiques pourraient durer. Peu avant minuit, jeudi 5 février, le compte officiel Truth Social de Donald Trump a relayé une vidéo montrant plusieurs figures de la vie politique américaine transformées en animaux de la jungle. Au centre de la controverse, une séquence représentant Barack Obama et son épouse Michelle Obama sous les traits de singes, dans une mise en scène à la connotation raciste jugée évidente par de nombreux observateurs.
L’indignation a été immédiate dans les médias américains. Dans un premier temps, la Maison Blanche a tenté de minimiser l’affaire. Sa porte-parole, Karoline Leavitt, a dénoncé une « indignation artificielle » et appelé la presse à se concentrer sur des sujets « réellement importants pour le public américain ». Une ligne défensive rapidement mise à mal par les réactions venues du propre camp républicain.
Plusieurs élus conservateurs ont publiquement condamné la vidéo. Le représentant Mike Turner a qualifié les images d’« offensantes et inacceptables », appelant le président à présenter des excuses. Le sénateur John Curtis a parlé d’un contenu « raciste et inexcusable ». La prise de position la plus remarquée est venue de Tim Scott, seul sénateur noir et allié de Donald Trump, qui a déclaré prier pour qu’il s’agisse d’un faux tant la séquence lui paraissait choquante.
Face à la montée de la contestation, la vidéo a finalement été supprimée du compte présidentiel. Une source anonyme de l’exécutif a évoqué l’erreur d’un membre de l’équipe de communication. Mais Donald Trump lui-même, interrogé plus tard à bord d’Air Force One, a refusé d’endosser la responsabilité politique de l’affaire. S’il a assuré ne pas avoir visionné l’intégralité de la vidéo, il a affirmé n’avoir « pas fait d’erreur » et s’est présenté comme « le président le moins raciste depuis longtemps », sans adresser le moindre message aux personnes offensées.
Cet épisode s’inscrit dans une longue histoire de provocations et de polémiques raciales associées à Donald Trump. L’ancien magnat de l’immobilier avait déjà mené, durant des années, une campagne contestant la nationalité de Barack Obama. Depuis son retour à la Maison Blanche, l’usage de mèmes, de contenus volontairement outranciers et de messages clivants est devenu un marqueur central de sa communication, en particulier auprès de la base MAGA.
Après la publication de ce tweet de nombreux internautes ont insinué que Trump a souhaité détourner l’attention des Epstein Files en faisant cela.
Au-delà de la polémique immédiate, l’affaire souligne une banalisation inquiétante de l’imagerie raciste dans certains cercles politiques américains. Ce qui choque, cette fois, n’est pas seulement l’existence de tels contenus en ligne, mais le fait qu’ils aient été relayés par le président des États-Unis lui-même, avant qu’il ne faille plus de douze heures pour que la Maison Blanche en reconnaisse le caractère problématique.
Sources :
Le Monde – 7 février 2026 – lien