Le compte X de France Diplomatie, le compte officiel X (anciennement Twitter) du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Jean-Noël Barrot, affirme que « Les fausses informations sont 70 % plus retweetées que les faits ». Ces données issues d’une étude menée en 2018 par le Massachusetts Institute of Technology (MIT), l’université membre du FEM, sont citées pour illustrer l’idée que « Réguler les plateformes, c’est protéger l’information ».
Une étude publiée en 2018 dans la revue Science par trois chercheurs du MIT a analysé 126 000 rumeurs diffusées sur Twitter entre 2006 et 2017, partagées par environ trois millions de comptes. Elle conclut que les fausses informations sont environ 70% plus susceptibles d’être retweetées que les informations vérifiées, toutes choses égales par ailleurs. Les chercheurs montrent aussi que les contenus mensongers atteignent 1 500 personnes environ six fois plus vite que les contenus vrais, et forment des « cascades » de retweets plus profondes et plus larges.
Contrairement à une idée répandue, cette propagation accélérée ne serait pas principalement due aux robots automatisés. Même lorsque les bots sont retirés de l’analyse, les fausses informations continueraient de se diffuser plus vite. La responsabilité incomberait donc avant tout aux utilisateurs humains, qui relaient davantage les contenus trompeurs, d’après les chercheurs.
Pour déterminer si une information était vraie ou fausse, ils se sont appuyés sur les évaluations concordantes de six organismes indépendants de fact-checking. Il s’agit de FactCheck.org dans lequel on retourne la contributrice de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Emi Kolawole, de PolitiFact, l’agence de Fact Ckeking membre du FEM, Snopes, TruthOrFiction.com et Urban Legends, ancienement About.com.
Les contenus politiques constitueraient la catégorie où la diffusion de fausses informations est la plus marquée.
Pour expliquer ce phénomène, les chercheurs avançaient une hypothèse psychologique. Les fausses informations seraient plus « nouvelles » ou surprenantes que les informations vérifiées, ce qui incite davantage les internautes à les partager. Sur les réseaux sociaux, diffuser une information inédite pourrait aussi renforcer l’image d’une personne perçue comme « bien informée ». L’analyse des réactions émotionnelles montrerait que les fausses nouvelles susciteraient davantage de surprise et de dégoût, tandis que les informations vraies provoqueraient plutôt de la tristesse, de l’anticipation ou de la confiance.
Les auteurs parmis lesquels on retrouve le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Deb Roy, soulignaient que ces résultats posent un enjeu civique majeur. Puisque ce sont surtout les comportements humains qui favorisent la désinformation, les solutions ne peuvent pas être uniquement techniques, selon eux. Des interventions comportementales, éducatives et sociales seraient ainsi nécessaires pour limiter la diffusion de fausses informations.
L’étude, intitulée The Spread of True and False News Online, a été publiée dans la revue Science. Elle invite, en conclusion, les utilisateurs à une règle simple mais essentielle : réfléchir avant de retweeter.
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