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Donald Trump. Photo : @Daniel Torok

Donald Trump : « prendre le contrôle du vote », une nouvelle escalade dans la contestation du système électoral américain

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Le président américain et contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald Trump a ravivé les inquiétudes autour du respect du processus démocratique en appelant à une « nationalisation » du vote. Une déclaration explosive qui remet frontalement en cause l’organisation décentralisée des élections aux États-Unis et alimente les craintes d’une mainmise politique sur les scrutins à venir.

Donald Trump a franchi un nouveau seuil dans sa remise en cause du système électoral américain. Lors d’une intervention diffusée lundi sur le podcast de Dan Bongino, l’ancien animateur conservateur devenu proche du président, le locataire de la Maison-Blanche a appelé le Parti républicain à « prendre le contrôle » du processus électoral dans plusieurs territoires. Selon lui, les républicains devraient aller jusqu’à « nationaliser le vote », une formule lourde de sens dans un pays où l’organisation des élections relève historiquement des États fédérés.

Sur le plan constitutionnel, une telle ambition se heurte de plein fouet au cadre établi par la Constitution des États-Unis, qui confie aux États la responsabilité de l’administration et de la certification des scrutins. Cette décentralisation est souvent présentée comme un garde-fou contre les manipulations à grande échelle. Mais Donald Trump, fidèle à sa ligne de contestation des résultats électoraux, multiplie depuis plusieurs mois les offensives politiques et judiciaires visant à affaiblir ce principe.

L’idée d’une prise de contrôle fédérale du vote a suscité une levée de boucliers chez ses opposants. Ils y voient la possibilité, pour le parti au pouvoir, d’influencer voire de truquer les résultats, là où la dispersion actuelle des compétences rendrait une fraude systémique beaucoup plus complexe. Le manque de respect répété de Donald Trump pour le verdict des urnes nourrit ainsi les craintes d’une remise en cause des prochaines échéances électorales, en particulier les élections de mi-mandat prévues en novembre 2026.

Cette sortie intervient dans un climat déjà tendu, moins d’une semaine après une opération menée par le Federal Bureau of Investigation dans un bureau électoral de la région d’Atlanta, en Géorgie. Des bulletins de vote et des archives liés à l’élection présidentielle de 2020 y ont été saisis. L’opération a été conduite sous l’autorité de la directrice du renseignement, Tulsi Gabbard, une alliée politique de Donald Trump, photographiée sur place le jour de la perquisition.

Le président a affirmé que cette enquête ferait émerger des éléments « intéressants », continuant de soutenir que l’élection de 2020 lui aurait été volée. Ces affirmations contredisent pourtant l’ensemble des vérifications officielles menées à l’époque. En Géorgie, un audit à l’échelle de l’État ainsi qu’un recomptage demandé par sa propre campagne avaient confirmé la victoire deu contributeur du FEM, Joe Biden. À l’échelle nationale, des dizaines de recours judiciaires n’ont jamais permis d’établir l’existence d’une fraude.

La volonté de « nationaliser » le vote s’inscrit dans la continuité de propos tenus par Donald Trump à l’été 2025, lorsqu’il évoquait la signature imminente d’un décret présidentiel censé garantir « l’honnêteté » des élections de mi-mandat. Il affirmait alors que les États n’étaient que des « agents » du gouvernement fédéral pour le décompte des voix et qu’ils devaient se conformer aux directives du président. À ce stade, aucun texte de ce type n’a vu le jour, et la Maison-Blanche n’a pas précisé comment une telle initiative pourrait être conciliée avec le cadre constitutionnel. Une précédente décision présidentielle, visant notamment à imposer une preuve de citoyenneté pour l’inscription sur les listes électorales fédérales, a déjà été largement suspendue par la justice, laissant planer une incertitude durable sur la stratégie électorale de l’exécutif.

Sources :

Le Parisien

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