Après une rare prise de parole du Guide suprême iranien, qui a averti du risque d’un embrasement régional en cas d’attaque américaine, le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump a dit espérer parvenir à un accord avec Téhéran. Cette séquence diplomatique tendue intervient dans un contexte de répression massive en Iran et de démonstration de force militaire dans le Golfe.
La tension entre Washington et Téhéran s’est de nouveau cristallisée dimanche 1er février autour de déclarations croisées au sommet des deux États. Le président américain, Donald Trump, a affirmé souhaiter la conclusion d’un accord avec l’Iran, quelques heures après une mise en garde solennelle du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, évoquant le risque d’une « guerre régionale » en cas d’intervention militaire des États-Unis.
S’exprimant pour la première fois depuis deux semaines, Ali Khamenei a averti que toute attaque américaine entraînerait un conflit dépassant largement les frontières iraniennes. Cette déclaration s’inscrit dans un climat déjà lourd, marqué par le souvenir d’une guerre de douze jours en juin 2025, déclenchée par Israël, au cours de laquelle les États-Unis avaient brièvement frappé l’Iran. Face à ces propos, Donald Trump a déclaré à la presse espérer « trouver un accord », tout en laissant planer la menace d’une alternative militaire si les négociations échouaient.
Depuis le mois de janvier, la Maison Blanche alterne avertissements publics et signaux d’ouverture diplomatique. Cette posture intervient alors que l’Iran a été secoué par un vaste mouvement de contestation, né de la hausse du coût de la vie et rapidement transformé en défiance politique. Le pouvoir iranien a réagi par une répression menée à huis clos, dans un pays largement coupé d’Internet et de l’extérieur. Ali Khamenei a de nouveau accusé les manifestants d’avoir mené une tentative de coup d’État, évoquant des attaques contre des symboles étatiques et religieux, et affirmant l’échec de ce soulèvement.
Les organisations de défense des droits humains dressent un bilan particulièrement lourd. Selon la Human Rights Activists News Agency, plus de 42 000 personnes auraient été arrêtées et plusieurs milliers tuées, majoritairement parmi les manifestants, même si ces chiffres restent contestés par les autorités iraniennes. Celles-ci reconnaissent des milliers de morts, mais attribuent l’essentiel des violences à des « terroristes » soutenus, selon elles, par les États-Unis et Israël. Une liste officielle de près de 3 000 personnes décédées a été publiée, une partie des victimes n’ayant pas encore été identifiée.
Sur le plan diplomatique, Téhéran affirme rester ouvert à la discussion. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, a indiqué que des pays de la région jouaient un rôle d’intermédiaires pour tenter de rétablir une confiance rompue avec Washington. Il a évoqué la possibilité de discussions si les États-Unis s’engageaient vers un accord « juste et équitable » garantissant l’absence d’armes nucléaires iraniennes, accusation que la République islamique continue de rejeter. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a lui aussi jugé qu’une guerre ne servirait ni les intérêts de l’Iran ni ceux des États-Unis, plaidant pour la voie diplomatique.
Dans le même temps, la démonstration de force se poursuit. Les États-Unis ont déployé une dizaine de navires dans le Golfe, dont un porte-avions, tandis que les forces armées iraniennes se disent en état d’alerte maximale. La pression s’exerce également depuis l’Europe. L’Union européenne a inscrit les gardiens de la révolution sur sa liste des organisations terroristes, une décision à laquelle Téhéran a répondu en qualifiant les armées européennes de « groupes terroristes ». Au Parlement iranien, des slogans hostiles à l’Europe, aux États-Unis et à Israël ont accompagné ces annonces, le jour même du 47ᵉ anniversaire du retour d’exil de l’ayatollah Khomeini.
Sources :
Le Monde – Article du 1er février 2026, mis à jour le 2 février 2026 – https://www.lemonde.fr/international/article/2026/02/01/le-guide-supreme-iranien-ali-khamenei-avertit-d-une-guerre-regionale-en-cas-d-attaque-americaine_6664962_3211.html