En pleine campagne pour sa réélection, Grégory Doucet opère un tournant marqué sur la sécurité. Le maire écologiste de Lyon promet une hausse inédite des effectifs de police municipale, un renforcement massif de la vidéosurveillance et un plan spécifique contre le narcotrafic, répondant ainsi à l’une des principales critiques formulées contre son mandat.
Longtemps accusé par ses opposants d’une relative faiblesse sur les questions sécuritaires, Grégory Doucet entend désormais frapper fort. Engagé dans une campagne de réélection délicate à l’approche des municipales de 2026, le maire écologiste de Lyon a dévoilé, ce mardi 20 janvier, une série de mesures destinées à renforcer la sécurité sur l’ensemble du territoire communal.
Mesure phare de son programme, la promesse de porter les effectifs de la police municipale à 400 agents d’ici la fin d’un éventuel second mandat. Une annonce formulée dans un entretien accordé au Progrès, où Grégory Doucet précise que cet objectif s’ajouterait à la création d’une brigade anti-incivilités composée de 50 agents supplémentaires, dédiée notamment aux dépôts sauvages d’ordures, aux tags et aux infractions routières. L’ensemble représenterait, selon le maire, un surcoût annuel de six millions d’euros en fonctionnement, dont quatre millions pour les effectifs supplémentaires de police municipale.
Cette promesse marque une inflexion notable par rapport aux objectifs initiaux du mandat en cours, qui visaient 364 agents en 2026, un seuil que la municipalité peine à atteindre. Le sujet a été régulièrement exploité par l’opposition, dans un contexte de surenchère sécuritaire propre à cette campagne. Jean-Michel Aulas, candidat déclaré, promet ainsi 500 policiers municipaux, tandis qu’Alexandre Dupalais, soutenu par l’UDR et le RN, évoque un objectif de 1 000 agents.
Au-delà des effectifs, Grégory Doucet assume également un changement de posture sur la vidéosurveillance. Après avoir accepté l’installation de 60 caméras supplémentaires en 2026, le maire promet désormais 90 nouvelles caméras au cours du prochain mandat. Un investissement estimé à un peu plus de deux millions d’euros, alors qu’une quinzaine d’équipements restent encore à déployer d’ici le mois de mars.
Lors de son premier meeting de campagne, le candidat écologiste a enfin détaillé un « plan de prévention et de lutte contre le narcotrafic », présenté comme un dispositif à la fois sécuritaire et social. Inspiré d’expérimentations menées notamment dans le 8ᵉ arrondissement, ce plan prévoit un renforcement de la coordination avec les familles, des interventions rapides sous 48 heures et des mesures de protection pour les proches des victimes de règlements de comptes. Doté d’un budget annuel de 500 000 euros, ce programme a été présenté en présence du militant écologiste anti-narcotrafic Amine Kessaci, désormais soutien affiché du maire sortant.
À quelques semaines du scrutin municipal, cette offensive sur la sécurité illustre la volonté de Grégory Doucet de reprendre l’initiative sur un terrain longtemps jugé défavorable. Reste à savoir si ce virage suffira à convaincre un électorat lyonnais particulièrement sensible à la question de l’insécurité, dans une campagne âpre et fortement polarisée.
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