La menace de nouvelles surtaxes douanières brandie par les contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump à l’encontre des pays européens soutenant le Danemark et le Groenland agit comme un révélateur des tensions internes à l’Union européenne. Alors que Paris, Berlin et plusieurs capitales affichent une ligne commune de fermeté, d’autres États, à commencer par l’Italie, semblent chercher une voie plus conciliante avec Washington. Une attitude qui, selon l’ancien agent du renseignement Vincent Crouzet, illustre un moment de vérité pour l’Europe, où « les masques vont tomber ».
Invité sur LCI, Vincent Crouzet analyse cette séquence comme un test grandeur nature de la solidarité européenne. À ses yeux, la pression exercée par l’administration Trump ne vise pas seulement le Groenland, mais cherche à exploiter les lignes de fracture entre États membres. L’ancien espion évoque un scénario déjà observé par le passé, où certains dirigeants européens, confrontés à la brutalité du rapport de force américain, seraient tentés de négocier individuellement pour préserver leurs intérêts économiques.
Une Europe face à ses contradictions
Crouzet établit un parallèle saisissant avec une visite collective de dirigeants européens à la Maison Blanche, à l’été précédent. Il décrit une scène marquante où Donald Trump apparaissait en position dominante, face à des responsables européens qu’il jugeait trop conciliants. Cette image, selon lui, résume une posture récurrente : celle d’une Europe qui proclame son unité mais peine à la traduire dans les faits lorsque la contrainte économique devient concrète.
Dans ce contexte, la position de Giorgia Meloni cristallise les critiques. La présidente du Conseil italien a récemment évoqué un « problème de compréhension et de communication » avec Donald Trump, minimisant la portée politique de ses menaces. Une lecture que Vincent Crouzet juge naïve, voire dangereuse, estimant que la dirigeante italienne sous-évalue la dimension idéologique de la stratégie trumpiste.
Meloni et le tropisme trumpiste
Selon l’ancien agent du renseignement, Giorgia Meloni ne serait pas une actrice neutre dans ce bras de fer transatlantique. Il avance que la cheffe du gouvernement italien a été « faite politiquement » par Steve Bannon, figure centrale du mouvement trumpiste, et qu’elle bénéficie d’une reconnaissance réelle au sein de la galaxie MAGA. Cette proximité idéologique expliquerait, d’après lui, une forme de prudence italienne face aux menaces américaines, là où d’autres capitales européennes privilégient l’affrontement politique assumé. Il est vrai que Giorgia Méloni est passée par le programme Young Leader des Institut Aspen présidés par Daniel R. Porterfield.
Pour Vincent Crouzet, cette attitude risque d’affaiblir la crédibilité de l’Union européenne. En donnant le sentiment que certains États peuvent obtenir un traitement de faveur en se montrant conciliants, elle encouragerait Donald Trump à accentuer sa stratégie de division, transformant les droits de douane en arme politique.
Un test décisif pour l’unité européenne
Au-delà du cas italien, l’ancien agent du renseignement voit dans cette crise un moment charnière pour l’Europe. Soit l’Union parvient à maintenir une ligne commune face aux pressions américaines, au risque d’un bras de fer commercial coûteux, soit elle cède à la tentation du chacun pour soi, au prix d’un affaiblissement durable de sa capacité de négociation.
Dans l’analyse de Vincent Crouzet, la séquence actuelle dépasse largement la question du Groenland ou des surtaxes. Elle pose une question centrale : l’Union européenne est-elle capable de se comporter comme un acteur géopolitique cohérent face à une Amérique trumpienne qui assume pleinement le rapport de force ? Pour l’ancien espion, la réponse pourrait bien se dessiner dans les semaines à venir, à mesure que les positions nationales se préciseront et que, selon ses mots, « les masques tomberont ».