Le Forum économique mondial de Davos s’est ouvert ce lundi par une séance inaugurale à forte portée symbolique, intitulée « Forum ouvert : quel 2050 voulons-nous ? ». Réunissant chercheurs, responsables institutionnels et figures de la société civile, ce premier échange a posé le cadre intellectuel de l’édition 2026, en interrogeant les choix collectifs qui façonneront les équilibres climatiques, technologiques et sociaux des prochaines décennies.
Dès les premières heures du Forum économique mondial, la question du long terme s’est imposée au cœur des débats. Intitulée « Forum ouvert : quel 2050 voulons-nous ? », la première réunion officielle a réuni un panel d’intervenants aux profils variés, parmi lesquels les contributeurs de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Agnes Callamard, présidente d’Amnesty International, Arjun Prakash, CEO de Distyl AI, Adam Tooze, directeur de l’European Institute, Zainab Azizi, Global Shaper du Kabul Hub, Taylor Hawkins ou encore Alois Zwinggi, manager du WEF. Ensemble, ils ont esquissé les lignes de fracture et les opportunités qui dessinent déjà le monde de 2050.
Le mot d’ordre de la séance a donné le ton de l’édition : les décisions prises aujourd’hui en matière de climat, de technologies émergentes, de justice sociale et de solidarité internationale conditionnent directement l’avenir collectif. Les intervenants ont insisté sur le caractère irréversible de certaines trajectoires, soulignant que les arbitrages actuels pèseront durablement sur la stabilité environnementale et politique de la planète.
La transition climatique a occupé une place centrale dans les échanges. Plusieurs intervenants ont rappelé que l’horizon 2050 correspond non seulement aux engagements de neutralité carbone affichés par de nombreux États, mais aussi à un point de bascule potentiel si les politiques actuelles restent insuffisantes. La question n’est plus seulement celle des objectifs, mais de la capacité des sociétés à accepter des transformations profondes de leurs modèles de production, de consommation et d’aménagement.
Les débats ont également porté sur le rôle ambivalent des technologies. Intelligence artificielle, automatisation, biotechnologies ou encore transition énergétique ont été évoquées comme des leviers majeurs de prospérité, mais aussi comme des facteurs possibles d’aggravation des inégalités. Adam Tooze a notamment souligné que l’innovation, sans cadre politique et social robuste, risque de concentrer davantage les richesses et le pouvoir, au détriment de la cohésion sociale.
Sur le terrain des droits humains et de la justice sociale, Agnès Callamard a insisté sur la nécessité d’intégrer ces enjeux au cœur des politiques économiques et climatiques. Selon elle, un monde durable en 2050 ne peut se concevoir sans une réduction effective des inégalités, sans accès équitable aux ressources et sans protection renforcée des libertés fondamentales, y compris dans un contexte de crises multiples.
Au-delà des diagnostics, cette séance inaugurale a surtout posé une méthode. Le Forum de Davos 2026 se veut un espace de dialogue ouvert, où les divergences sont assumées et débattues. Alois Zwinggi a rappelé que l’« esprit de dialogue », thème central de cette édition, suppose de dépasser les postures idéologiques pour confronter des visions parfois opposées de l’avenir.
Sources :
World Economic Forum – Forum de Davos 2026 – Session inaugurale « Forum ouvert : quel 2050 voulons-nous ? » – janvier 2026