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Patriarche Bartholomee. Photo : DR

Patriarche Bartholomée : les services secrets russes accusent le chef de l’orthodoxie d’être le « diable incarné »

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Le patriarche œcuménique Bartholomée Ier a dénoncé des accusations « mensongères » émanant des services de renseignement russes, qui l’ont qualifié d’« antéchrist en soutane » et de « diable incarné ». Ces attaques, officiellement formulées par le SVR, s’inscrivent dans un affrontement ancien entre Constantinople et Moscou, où la religion se trouve désormais au cœur d’un conflit géopolitique assumé.

La polémique a franchi un nouveau seuil dans la confrontation entre Moscou et le Patriarcat œcuménique. Le 12 janvier 2026, les services de renseignement extérieur russes ont publié un communiqué visant le patriarche Bartholomée, figure spirituelle centrale de l’orthodoxie mondiale. Le texte le présente comme un « antéchrist en soutane » et un « diable en chair et en os », l’accusant de conspirer contre l’Église orthodoxe russe avec l’appui présumé des services secrets britanniques.

Dans ce document, le SVR affirme que le patriarche de Constantinople chercherait à affaiblir l’influence religieuse de Moscou, notamment dans les pays baltes, en soutenant des mouvements nationalistes qualifiés de « néonazis » afin d’évincer les paroisses rattachées au Patriarcat de Moscou. Ces accusations s’étendent également aux Balkans et au Monténégro, où Bartholomée est soupçonné, selon la Russie, de nourrir des ambitions ecclésiales jugées hostiles aux intérêts russes.

Le Patriarcat œcuménique, basé à Istanbul, a fermement rejeté ces allégations. Dans un communiqué, il évoque des « scénarios imaginaires », des « insultes » et des « fake news », affirmant que cette offensive verbale ne détournera pas Bartholomée de sa mission spirituelle. Considéré comme le « premier parmi les égaux » au sein de l’orthodoxie, le patriarche revendique un rôle religieux indépendant des logiques étatiques, malgré les pressions politiques croissantes.

Cet épisode s’inscrit dans le schisme ouvert depuis 2018, lorsque Bartholomée a accordé l’autocephalie à l’Église orthodoxe d’Ukraine. Cette décision historique, perçue à Moscou comme une rupture majeure et une manœuvre géopolitique soutenue par l’Occident, avait conduit le patriarche Kirill de Moscou à rompre la communion eucharistique avec Constantinople. Depuis lors, la fracture n’a cessé de s’élargir, mêlant enjeux théologiques, identitaires et stratégiques.

Le patriarche œcuménique Bartholomée Ier s’est ensuite rendu à Davos pour l’édition 2020 du Forum économique mondial où il a assisté et pris la parole lors de plusieurs sessions, notamment sur des thèmes écologiques et de cohésion sociale, à l’invitation officielle des organisateurs du Forum.

Sources :

The European Times, Yanisfarak.

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