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Le gymnase Mazenod. Image : Google street view.

Lyon : la Ville réaffirme que les équipements municipaux ne peuvent remplacer l’hébergement d’urgence

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Face à la multiplication des occupations d’équipements publics par des familles sans solution, la Ville de Lyon réaffirme sa position. La municipalité estime mobiliser des moyens financiers et humains exceptionnels pour mettre des personnes à l’abri, mais elle rappelle que l’hébergement d’urgence relève avant tout de la responsabilité de l’État.

La situation de l’hébergement d’urgence continue de se tendre à Lyon en ce cœur d’hiver. Dans un communiqué diffusé ce 14 janvier, la Ville de Lyon rappelle fermement que les équipements municipaux ne constituent pas des solutions pérennes pour accueillir des familles à la rue. Une prise de position qui intervient alors que plusieurs sites publics font l’objet de tentatives ou d’occupations non autorisées.

Le 9 janvier dernier, en l’absence persistante de propositions d’hébergement émanant de l’État, des dizaines de familles avec de jeunes enfants ont investi des modulaires installés au parc Blandan. Malgré l’utilisation partielle du site par des services municipaux, la collectivité a fait le choix d’autoriser temporairement cette occupation. Au total, 27 familles représentant près de 80 enfants ont ainsi pu être mises à l’abri jusqu’à la fin de la trêve hivernale. Parallèlement, l’occupation de certaines écoles lyonnaises se poursuit, illustrant l’ampleur des besoins non couverts.

Toutefois, l’évacuation du gymnase Chanfray le mardi 13 janvier a conduit à la remise à la rue d’une centaine de mineurs en recours alors que la tentative d’occupation d’un immeuble place Chardonnet a conduit à l’interpellation de plusieurs soutiens.

Ce mercredi 14 janvier, plusieurs personnes ont tenté d’occuper le gymnase Mazenod. Une initiative que la municipalité juge inacceptable. Dans son communiqué, la Ville rappelle que les gymnases ne sont en aucun cas des centres d’hébergement et qu’ils ne peuvent être mobilisés qu’à titre tout à fait exceptionnel, notamment lors de l’activation du plan grand froid ou du plan canicule. Leur occupation compromet le bon fonctionnement des services publics et pénalise directement les usagers, en particulier les associations sportives et les établissements scolaires souligne la Ville.

Tout en refusant l’occupation ciblée d’équipements exclusivement municipaux, la Ville de Lyon met en avant l’ampleur de son engagement financier. En 2025, près de trois millions d’euros ont été consacrés à l’hébergement d’urgence et à la lutte contre le sans-abrisme. À cette somme s’ajoutent 1,4 million d’euros de subventions versées aux associations œuvrant auprès des publics les plus précaires. Des moyens qualifiés d’inédits par la municipalité, qui souligne agir bien au-delà de son champ de compétence légal.

L’exécutif lyonnais insiste en effet sur un point central : l’hébergement d’urgence relève de la responsabilité de l’État français. Depuis cinq ans, la collectivité affirme avoir mobilisé des ressources humaines et financières sans précédent pour pallier les carences du dispositif national. Une situation qui l’a conduite à engager deux recours indemnitaires, visant à faire reconnaître la responsabilité de l’État et à obtenir le remboursement des prises en charge assurées par la Ville.

Rréaffirmant son engagement plein et entier dans la lutte contre le sans-abrisme, la Ville de Lyon en appelle une nouvelle fois à une mobilisation des services de l’État à la hauteur des besoins. Un message clair, dans un contexte où la pression sociale et humanitaire ne cesse de s’intensifier, et où les réponses locales atteignent leurs limites structurelles.

Sources :

Ville de Lyon – Communiqué municipal, janvier 2026 – https://www.lyon.fr

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