Mardi soir, le conseil du 7ᵉ arrondissement de Lyon a été brièvement interrompu par un groupe de militants dénonçant l’action des écologistes face au sans-abrisme. Une intervention sans violence, mais politiquement chargée, dont la séquence ne figure pas dans la rediffusion officielle publiée par la mairie.
La scène s’est déroulée mardi 13 janvier en plein conseil d’arrondissement. Alors que les élus du 7ᵉ arrondissement de Lyon étaient réunis en séance publique, un groupe d’une dizaine de militants pour le droit au logement a fait irruption dans la salle du conseil. Entassés à l’entrée, ils ont scandé un slogan accusateur — « Les écolos mettent des enfants à la rue. Une solution, réquisition » — sous les regards surpris des élus et du public.
Plusieurs vidéos diffusées sur le réseau social X montrent la scène, notamment relayées par des acteurs politiques locaux, comme le candidat RN pour les municipales dans le 7e, Mathis Gangand.
Les militants, pour la plupart à visage découvert, ont interrompu la séance pendant plusieurs minutes, sans heurts ni dégradations. Face à cette situation, la maire écologiste du secteur, Fanny Dubot, a annoncé la suspension temporaire du conseil.
Munis d’un mégaphone, les activistes ont ensuite pris la parole pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « pratiques » et « d’inaction » de la mairie du 7ᵉ arrondissement et des élus écologistes depuis juin 2022. « De plus en plus de squats, d’occupations et de campements ont été expulsés ces dernières semaines », a déclaré l’un d’eux en lisant un texte préparé, tandis que d’autres distribuaient des tracts aux personnes présentes.
Fait notable, cette séquence n’apparaît pas dans la rediffusion du conseil publiée sur la chaîne YouTube de la mairie du 7ᵉ arrondissement. Selon les constatations de plusieurs observateurs, l’intervention serait intervenue une dizaine de minutes après le début de la séance et aurait été coupée lors du montage de la vidéo mise en ligne.
L’action a rapidement été revendiquée par l’association Droit au logement (DAL 69), qui a diffusé ses propres extraits vidéo sur Instagram. Contactée, l’organisation assume un « happening » destiné à alerter à l’approche des élections municipales. Elle dresse un bilan sévère de l’action des écologistes lyonnais, estimant que la situation du logement et de l’hébergement d’urgence s’est dégradée à Lyon au cours du mandat actuel.
Ces critiques interviennent pourtant alors que la municipalité met en avant plusieurs mesures récentes. Dans le 7ᵉ arrondissement, la Ville a autorisé l’occupation temporaire de modulaires municipaux situés dans le périmètre du parc Blandan par 27 familles sans logement, représentant environ 80 enfants, jusqu’à la fin de la trêve hivernale. Durant les vacances de Noël, 24 familles avaient également été hébergées à l’hôtel pour un coût total de 42 000 euros. Mais l’expulsion du Gymnase Chanfray, le 13 janvier, a sans doute pesée lourd dans cette intervention.
Plus largement, lors du conseil municipal de décembre, l’élue socialiste Sandrine Runel rappelait que le budget consacré à l’hébergement d’urgence avait augmenté de 67 % depuis le début du mandat, atteignant près de trois millions d’euros en 2025. Un effort financier conséquent, bien que l’hébergement d’urgence relève juridiquement de la compétence de l’État. Visiblement, cela n’est pas suffisant pour les associations.
Entre interpellation militante et réponse institutionnelle, l’épisode illustre la tension persistante autour de la question du sans-abrisme à Lyon, dans un contexte où les attentes sociales se heurtent aux limites des compétences municipales.
Sources :
Le Progrès – Article publié le 14 janvier 2026 – lien