Un groupe de hackers se faisant appeler « Handala » affirme avoir identifié un officier du Mossad opérant en Iran et lié aux récentes émeutes dans le pays. Relayées par les médias d’État iraniens, ces accusations spectaculaires n’ont, à ce stade, fait l’objet d’aucune vérification de médias occidentaux et s’inscrivent dans un contexte de confrontation informationnelle accrue entre Téhéran et Tel-Aviv.
Les allégations circulent avec insistance dans l’espace médiatique iranien. Le groupe de hackers « Handala », présenté comme proche des autorités de la République islamique, affirme avoir infiltré un réseau de renseignement israélien opérant en Iran. Selon cette version, un homme nommé Mehrdad Rahimi serait un officier du Mossad chargé de coordonner des agents iraniens impliqués dans les mouvements de contestation qui ont secoué le pays ces derniers mois.
D’après les documents diffusés par Handala et abondamment repris par la presse pro-gouvernementale iranienne, cet individu aurait piloté un dispositif clandestin destiné à encourager les émeutes et à provoquer des violences lors des manifestations. Les hackers prétendent avoir eu accès à son téléphone sécurisé, surveillé ses communications pendant plusieurs mois et reconstitué l’architecture de ce réseau, décrit comme strictement compartimenté afin de limiter les risques d’exposition.
Toujours selon ces affirmations, les méthodes employées relèveraient des pratiques classiques du renseignement : usage systématique de pseudonymes, segmentation des cellules et recrutement de jeunes Iraniens présentés comme vulnérables ou manipulables. Ces derniers auraient été mobilisés pour jouer un rôle actif dans les mobilisations antigouvernementales, avec pour objectif, selon Handala, d’alimenter un climat de chaos attribuable ensuite aux forces de sécurité.
Le groupe affirme également avoir publié une base de données partielle comprenant plus de 600 noms, décrits comme des « acteurs clés » des troubles. Certains sont accusés d’avoir participé à des actions violentes, voire à des meurtres, qui auraient ensuite été imputés aux autorités iraniennes afin de nourrir un récit de répression sanglante. Ces documents sont présentés comme des preuves d’une ingérence étrangère massive, mais leur authenticité n’a pas été établie par des médias occidentaux.
Les médias iraniens ont largement relayé ces accusations, y voyant la confirmation d’une infiltration profonde de la société par des réseaux hostiles.
Dans un contexte de confrontation directe entre l’Iran et Israël, marqué par des opérations clandestines, des cyberattaques et une intense bataille de récits, ce type de « révélations » doit être appréhendé avec prudence, puisque le risque de désinformation instrumentalisée est possible de la part de l’ensemble des béligérants.
Médias iraniens et pro-gouvernement
- Article de Press TV sur la revendication de Handala d’avoir infiltré le « Iran desk » du Mossad et identifié un officier nommé Mehrdad Rahimi, avec publication d’une liste de centaines d’« agents ».
- Shafaq News – Iran nabs alleged Mossad agent linked to nationwide economic protests – lien
- Autres brèves et reprises dans les titres d’actualité de Press TV mentionnant la publication des identités de 600 personnes présentées comme liées au Mossad et impliquées dans des émeutes en Iran.
Réseaux sociaux et relais militants
- Post sur X présentant Handala comme un groupe de hacktivistes affilié à l’Iran, revendiquant une opération contre le Mossad et mentionnant Mehrdad Rahimi et une liste d’agents.
- Plusieurs publications Facebook qui reprennent en anglais l’histoire de Handala, détaillent le rôle présumé de Mehrdad Rahimi et évoquent la liste de 600 individus liés aux troubles en Iran.
- Posts sur X et Instagram relayant l’idée que 600 personnes auraient été identifiées comme « agents » ou meneurs d’émeutes, avec une attribution explicite à Handala et/ou aux Gardiens de la Révolution.