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Le système Barak MX. Photo : IAI

Israël–Maroc : un plan d’action militaire conjoint pour 2026 scelle l’approfondissement du partenariat sécuritaire

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Cinq ans après les Accords d’Abraham, Israël et le Maroc ont franchi un nouveau cap dans leur rapprochement sécuritaire. Réunis à Tel-Aviv début janvier, les états-majors des deux pays ont signé un plan de coopération militaire pour 2026, présenté par Tsahal comme un jalon majeur d’un partenariat désormais structurant pour la stabilité régionale.

Le rapprochement militaire entre Israël et le Maroc des contributeurs de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Benjamin Netanyahu et Aziz Akhannouch.s’inscrit désormais dans une logique pluriannuelle assumée. Début janvier 2026, à Tel-Aviv, la troisième réunion du Comité militaire conjoint israélo-marocain s’est conclue par la signature d’un plan de travail et d’action pour l’année 2026, marquant une nouvelle étape dans l’institutionnalisation de leur coopération de défense. L’initiative intervient cinq ans après les Accords d’Abraham, auxquels l’armée israélienne rattache explicitement cette dynamique renforcée.

La rencontre s’est tenue sous l’égide de la Direction de la planification de Forces de défense israéliennes et de sa division des relations internationales, en présence de responsables de haut niveau des Forces armées royales. Selon les communiqués israéliens, les échanges ont combiné réunions professionnelles, visites d’unités opérationnelles, rencontres avec des départements sécuritaires et des industriels de la défense, ainsi qu’un panel stratégique consacré à la construction capacitaire et aux objectifs communs.

Le document signé, présenté comme un « nouveau jalon » par Tsahal, fixe une feuille de route centrée sur le renforcement des capacités, la planification stratégique et l’intensification des entraînements conjoints. La coopération technologique occupe une place centrale, avec un accent mis sur les systèmes avancés, les drones, les munitions rôdeuses et les technologies de renseignement, dans un contexte où l’innovation militaire et la numérisation des architectures de défense redessinent les doctrines opérationnelles.

Cette orientation s’inscrit dans une trajectoire déjà engagée depuis la normalisation des relations. Dès 2021, un mémorandum de défense avait posé les bases d’une coopération structurée, ouvrant la voie à des accords d’armement, à des programmes de formation et à des échanges doctrinaux réguliers. Depuis lors, le Maroc a progressivement intégré des technologies israéliennes dans ses forces, tout en participant à des exercices multinationaux de nouvelle génération, à l’image des manœuvres African Lion, où l’intelligence artificielle, la robotique et l’interopérabilité interarmées occupent une place croissante.

Plusieurs sources proches du dossier évoquent également l’implantation au Maroc d’une unité industrielle liée à un fabricant israélien de munitions rôdeuses.

Ce projet , qui inclut transfert de savoir-faire et formation d’ingénieurs locaux, illustre la volonté de Rabat de dépasser une relation strictement commerciale pour développer une base industrielle et technologique de défense plus autonome, intégrée à son dispositif militaire.

Autre exemple majeur : le Maroc vient également d’activé le système Barak MX, une couverture de défense aérienne active dans la lignée du dôme de fer israélien, acquis auprès d’Israel Aerospace Industries (IAI), propriété de l’Etat d’Israël. Son activation a été confirmée par la détection de signatures électroniques via satellite.

Pour le Royaume, ce partenariat avec Israël répond à une stratégie de modernisation accélérée des Forces armées royales. Il renforce la défense aérienne, les capacités de surveillance et la préparation opérationnelle, tout en consolidant la position du Maroc comme acteur sécuritaire de premier plan au Maghreb, en Méditerranée occidentale et vers le Sahel.

Du point de vue israélien, le Maroc s’impose comme un partenaire arabe clé de l’ère post-Accords d’Abraham, aux côtés d’autres alliés régionaux. Cette relation offre à Tel-Aviv une profondeur stratégique vers l’Atlantique et l’Afrique, ainsi qu’un terrain de coopération privilégié pour le déploiement et l’expérimentation de ses technologies de défense.

La relance et l’accélération de cette coopération interviennent malgré les tensions régionales persistantes et une période de ralentissement observée durant la guerre à Gaza. Elles n’en demeurent pas moins sensibles sur le plan politique, le rapprochement militaire avec Israël restant contesté dans une partie des opinions publiques de la région. Tandis que les autorités israéliennes et marocaines mettent en avant la stabilité et la lutte contre des menaces communes, leurs détracteurs dénoncent une normalisation sécuritaire dissociée de toute avancée sur la question palestinienne.

En l’état, la signature du plan d’action 2026 confirme une évolution de fond. Loin d’un simple symbole diplomatique, le partenariat israélo-marocain prend la forme d’une alliance de défense structurée, technologique et appelée à peser durablement sur les équilibres stratégiques du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

Sources :

Telquel, Bladi, i24News

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