Un rapport du magazine allemand Der Spiegel affirme que l’administration Trump envisage des sanctions contre des magistrats ou responsables sécuritaires européens. En ligne de mire, des décisions judiciaires ou administratives visant des partis d’extrême droite alliés aux États-Unis, comme le Rassemblement national en France ou l’AfD en Allemagne. Aucune mesure n’a, à ce stade, été officiellement annoncée.
L’information, explosive, émane d’un rapport publié par Der Spiegel, et rapidement relayé par plusieurs médias français et allemands. Selon l’hebdomadaire hambourgeois, l’administration du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump étudierait la possibilité de sanctions ciblées contre des juges ou des responsables de la sécurité en Europe, si ceux-ci venaient à prendre des mesures judiciaires ou administratives contre des formations politiques d’extrême droite considérées comme alliées de Washington.
D’après Der Spiegel, qui cite d’anciens hauts fonctionnaires américains s’exprimant sous couvert d’anonymat, ces sanctions pourraient prendre la forme d’interdictions de séjour sur le sol américain ou de mesures financières. Deux dossiers sont explicitement mentionnés. Le premier concerne la condamnation de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Le second vise la décision des services de renseignement allemands de classer l’Alternative für Deutschland comme organisation suspectée d’extrémisme.
Interrogé par la presse, le porte-parole du département d’État américain n’a pas démenti l’existence de telles réflexions, se contentant de renvoyer à des prises de position antérieures du sénateur Marco Rubio, qui avait dénoncé une « tyrannie déguisée » en Europe à propos de certaines décisions judiciaires ou réglementaires. Une prudence de langage qui alimente les interrogations sur la réalité et l’ampleur de ces menaces.
Ce rapport s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et plusieurs capitales européennes. Fin décembre 2025, les États-Unis avaient déjà annoncé des interdictions de séjour contre cinq personnalités européennes, dont Thierry Breton, pour des motifs liés à la censure et à la régulation des plateformes numériques. Depuis février 2025, des sanctions américaines visent également des juges de la Cour pénale internationale, une décision qui avait suscité de vives critiques en Europe.
Sur le plan politique, Donald Trump avait publiquement apporté son soutien à Marine Le Pen après sa condamnation en mars 2025. De son côté, le sénateur J.D. Vance avait accusé l’Allemagne d’étouffer la liberté d’expression en s’attaquant à l’AfD. Autant de déclarations qui nourrissent l’idée d’une stratégie assumée de pression diplomatique et idéologique.
À ce stade, aucune sanction n’a été formellement mise en œuvre. Selon Der Spiegel, l’administration américaine attendrait l’issue des procédures d’appel en France, prévue pour janvier 2026, ainsi que l’évolution du dossier allemand. Les gouvernements européens n’ont pas réagi officiellement. En revanche, des organisations de défense des droits humains, comme la Ligue des droits de l’Homme fondée par le franc-maçon, Ludovic Trarieux, dénoncent ce qu’elles qualifient d’ingérence et d’« impérialisme judiciaire » américain.
Sources :
Der Spiegel – Rapport publié début janvier 2026 – https://www.spiegel.de