À une semaine du tirage au sort du Mondial 2026, Téhéran a annoncé qu’il ne participerait pas à la cérémonie organisée à Washington. En cause : le refus américain d’accorder des visas à plusieurs membres de sa délégation, sur fond de durcissement migratoire imposé par Donald Trump. Une crise diplomatique qui éclabousse déjà l’événement planétaire.
À quelques jours du tirage au sort de la Coupe du monde 2026, prévu le 5 décembre à Washington, l’atmosphère se charge d’un parfum de tension politique qui tranche avec l’esprit habituel de fête sportive. Vendredi 28 novembre, la fédération iranienne de football a confirmé que son pays boycotterait purement et simplement la cérémonie, en réaction au refus des autorités américaines de délivrer des visas à plusieurs membres de sa délégation, dont, selon la presse locale, le président de la fédération lui-même. Une décision présentée comme une ingérence politique directe dans le domaine sportif.
Le porte-parole de la fédération iranienne, s’exprimant à la télévision d’État, a tenu à préciser que Téhéran avait averti la Fifa du caractère “non sportif” de ces décisions et qu’aucun représentant iranien ne serait présent à Washington. La non-participation iranienne, si elle n’affecte pas la présence de l’équipe en compétition, constitue néanmoins un geste de défi diplomatique qui risque de tendre davantage les relations entre Washington et Téhéran, déjà fracturées.
L’affaire intervient alors qu’un autre pays qualifié pour la compétition fait face à des restrictions similaires. Haïti ne pourra pas compter sur ses supporters lors du Mondial, l’administration Trump ayant refusé toute dérogation pour les spectateurs haïtiens souhaitant entrer sur le territoire américain. Comme l’explique Politico, la proclamation présidentielle signée en juin interdit l’accès aux États-Unis aux ressortissants de 19 pays, dont l’Iran et Haïti. Si des exceptions existent pour les joueurs, leurs familles, les entraîneurs et les membres des staffs, elles ne s’étendent pas aux supporters — ni, visiblement, aux hauts responsables du football iranien.
Cette position s’inscrit dans une ligne de fermeté assumée par le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald Trump sur l’immigration. Jeudi encore, l’ancien président a promis sur son réseau Truth Social de “suspendre de manière permanente l’immigration en provenance de tous les pays du tiers-monde” et d’expulser quiconque “n’est pas un atout net pour les États-Unis”. Une déclaration qui, replacée dans le contexte du Mondial 2026, donne une portée hautement politique aux décisions administratives prises à l’encontre des délégations étrangères.
L’absence de l’Iran au tirage au sort constitue ainsi bien plus qu’un simple incident protocolaire. Elle donne un coup d’éclat, voire un coup d’ombre, à une compétition déjà scrutée pour son organisation tripartite entre les États-Unis, le Canada et le Mexique. À Washington, la Fifa se retrouve prise entre les principes universels du sport et les réalités d’une diplomatie américaine redevenue musclée. À Téhéran, cette exclusion partielle est interprétée comme un affront direct, qui renforce les discours appelant à la fermeté face aux États-Unis.
Derrière l’épisode, une question plus large se dessine : jusqu’où la politique migratoire américaine peut-elle influer sur la tenue d’un événement sportif planétaire ? Pour l’heure, le boycott iranien ne remet pas en cause la présence de l’équipe au Mondial, mais il révèle déjà le risque d’une compétition parasitée par les tensions internationales. Un signe que, même sur les terrains de football, la géopolitique n’est jamais bien loin.
Sources :
BFMTV – Article du 28 novembre 2025 – lien