Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict vendredi 21 novembre 2025 dans l’affaire de cyberharcèlement visant la DJ Barbara Butch, ciblé après la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris en 2024 où elle avait participé à ce qui ressemblait à une parodie LGBT de la Cène, ce qui avait froissé de nombreuses personnes. Quatre hommes ont été condamnés à des peines allant du sursis à dix mois de prison ferme.
Les faits remontent au 26 juillet 2024, lorsqu’une scène artistique intitulée « Festivité », présentée sur la passerelle Debilly avec Barbara Butch aux platines, des drag queens, des mannequins et Philippe Katerine peint en bleu, avait déclenché une vague d’e haine en l’indignation en ligne. Certains milieux conservateurs et d’extrême droite avaient accusé la performance de parodier La Cène de Léonard de Vinci, un récit démenti par Thomas Jolly, directeur artistique de la cérémonie, qui expliquait avoir voulu représenter une fête païenne en hommage aux dieux de l’Olympe. Nous avions rencontré Patrick Boucheron, historien qui était également directeur artistique de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris. Il nous savait confié que ce tableau s’inspirait du Banquet des dieux, qui serait antérieur, sauf si l’on fait référence au tableau de Jan van Bijlert peint au XVIIe siècle et qui s’inspirait de la Cène….
L’artiste, musicienne ouvertement lesbienne et militante féministe, avait été submergée par des menaces de mort, de viol et des insultes ciblées. À l’audience du 25 septembre, elle avait raconté les conséquences durables de ces attaques, expliquant avoir développé une agoraphobie, un psoriasis déclenché par le stress, des troubles du sommeil et une prise de poids importante. Sa compagne avait elle aussi reçu des menaces explicites. L’avocate de Barbara Butch, Me Audrey Msellati, avait insisté sur l’impact de cette violence numérique, rappelant que sa cliente vivait depuis plus d’un an sous anxiolytiques et antidépresseurs.
Les quatre prévenus condamnés – parmi lesquels un étudiant, un père de famille et un aide-soignant – ont reconnu avoir rédigé les messages incriminés, tout en contestant leur nature menaçante. Le tribunal n’a pas retenu leurs arguments, soulignant la gravité des propos. L’un d’eux, absent lors de l’audience, a écopé d’une peine de dix mois ferme considérée comme non aménageable. Selon la présidente du tribunal, ces messages constituaient des « actes extrêmement graves » et relevaient de « violences numériques massives », facilitées par la dématérialisation mais non dépourvues de conséquences.
Un cinquième homme a en revanche été relaxé faute d’éléments suffisants pour établir sa responsabilité pénale. Cette affaire survient quelques mois après la condamnation de sept autres individus pour le cyberharcèlement visant Thomas Jolly, également pris pour cible après la cérémonie d’ouverture des JO.
Source : Télérama.