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Émeutes racistes en Espagne : à Torre Pacheco, la tension ne retombe pas malgré l’échec des mobilisations d’extrême droite

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Après une semaine marquée par l’agression d’un retraité et trois nuits de violences racistes, Torre Pacheco fait face à de nouvelles tensions. Les tentatives de rassemblement d’extrême droite ont échoué ces derniers jours, mais l’atmosphère reste électrique et les réactions judiciaires se multiplient.

Torre Pacheco, ville de 36 000 habitants dans la région de Murcie, est sous haute tension depuis la diffusion, le 9 juillet, de la photo d’un retraité violemment battu. Domingo Tomás Domínguez, 68 ans, y apparaît le visage tuméfié, l’œil voilé. Il affirme avoir été agressé sans raison apparente par trois jeunes qu’il décrit comme d’origine nord-africaine. L’image, devenue virale, a rapidement déclenché une série de réactions xénophobes.

Dès le 11 juillet, une manifestation organisée par le maire Pedro Ángel Roca Tornel, du Parti populaire (PP), pour condamner l’agression, dégénère en émeute. Des groupes identifiés comme d’extrême droite s’y immiscent, scandant des slogans anti-immigrés. Le collectif « Deport Them Now », actif sur Telegram, appelle alors à une véritable « chasse » contre les personnes perçues comme maghrébines.

Les nuits suivantes, des violences ciblées s’abattent sur la ville. Plusieurs groupes sillonnent les rues, armés de bâtons, à la recherche de migrants. La préfecture déplore plusieurs blessés. La Garde civile est déployée en renfort et près de 80 individus impliqués sont identifiés, dont beaucoup ne résident pas à Torre Pacheco.

Dix personnes sont arrêtées. Trois d’entre elles, soupçonnées d’être les auteurs de l’agression du retraité, ne sont pas originaires de la ville. L’un a été interpellé à Rentería alors qu’il tentait de gagner la France. Les sept autres, dont un ressortissant marocain, sont poursuivis pour des faits de troubles à l’ordre public, incitation à la haine et violences volontaires.

Le cœur du quartier San Antonio, résidentiel pour une grande partie de la communauté marocaine, est resté sous haute surveillance ces dernières heures.

José Ángel Antelo, représentant régional du parti d’extrême droite Vox, a déclaré lors d’un rassemblement : « Nous allons tous les expulser : il n’en restera pas un seul. »

Cette instrumentalisation politique a été dénoncée par la gauche. La ministre de la Jeunesse, Sira Rego (Sumar), a accusé la droite et l’extrême droite de « montrer du doigt pendant que leurs milices passent à l’action ». Le Premier ministre Pedro Sánchez a insisté sur le fait que « le racisme est incompatible avec la démocratie » et appelé à défendre les valeurs de l’État de droit.

Un souffle de panique persiste parmi la population immigrée : plusieurs commerçants ont fermé boutique, des véhicules ont été vandalisés, et des attaques verbales et physiques ont été signalées, y compris contre des membres de la presse .

Sur le plan sécuritaire, la Guardia Civil et la police nationale ont renforcé leur présence et recours à des tirs de balles en caoutchouc pour contrôler les débordements .

Sur le plan judiciaire et judiciaire, la justice de Murcie a ouvert plusieurs enquêtes suite à des plaintes de Podemos contre Santiago  Abascal, José Ángel  Antelo, Vito  Quiles et Daniel  Esteve pour incitation à la violence, «  terrorisme raciste  » et discours de haine marque une nouvelle phase dans l’affaire. Le procureur scrute aussi les appels diffusés sur Telegram.

En parallèle, la société civile et les leaders religieux appellent à l’apaisement. L’évêque local, Mgr José  Manuel Lorca  Planes, a qualifié les violences d’intolérables, rappelant la tradition de cohabitation de la ville. Des imams et voisins marocains invitent à la prudence et à limiter les sorties nocturnes, en exhortant à « vouloir la paix » .

Ce cycle de tensions met en lumière la fragilité d’une communauté profondément mixte – plus de 30 % d’immigrés, principalement maghrébins, établis depuis des décennies dans l’agriculture intensive de la région.

Sources : Wikipédia, Courrier international, Vatican News, Cadena SER, Reuters, Europe, Le Figaro, Europe 1, Vatican News, Le Dauphiné Libéré.

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