Des messages iMessage datés de juin 2016 révèlent que Jeffrey Epstein discutait du plan saoudien Vision 2030 s’inspirant du plan Vision 2030 du Forum économique mondial avec un interlocuteur identifié uniquement sous le prénom “Terje”. Les échanges, issus des Epsetin Files, montrent un intérêt direct pour les orientations stratégiques du programme de transformation économique lancé par l’Arabie saoudite.
Le 24 juin 2016, au lendemain du vote britannique en faveur du Brexit, Epstein formule une analyse articulée autour des conséquences financières globales : il affirme que le Brexit constitue “la première de nombreuses conséquences financières” liées aux migrations massives et à l’instabilité mondiale. Il enchaîne ensuite sur le “plan 2030”, évoquant trois points critiques.
Selon lui, le plan ne prendrait pas suffisamment en compte l’environnement mondial de taux d’intérêt proches de zéro. Il estimait également que l’Arabie saoudite, en tant qu’État souverain, disposerait d’avantages stratégiques sous-exploités dans la conception du programme. Enfin, il confiait que Wall Street tenterait de modifier les conditions financières au dernier moment au détriment des décideurs saoudiens.

Qui est “Terje” ?
Le prénom “Terje” est typiquement norvégien. Les messages montrent que cet interlocuteur évolue dans un environnement diplomatique international. Il est mention dans la conversation de Windsor et de la Reine, de déplacements à Strasbourg et Athènes, de référence explicite au fonds souverain norvégien et à son directeur, Yngve Slyngstad, d’une invitation conjointe à Tanger et de l’organisation d’un événement lié à “Peres” au Lincoln Center à New York. L’ensemble suggère une relation insérée dans des réseaux diplomatiques et financiers de haut niveau.
Plusieurs enquêtes ont établi que le diplomate norvégien Terje Rød-Larsen entretenait des liens avec Jeffrey Epstein. Ses enfants figurent d’ailleurs sur son testament. Toutefois, le document ne mentionne aucun nom de famille et ne permet pas d’établir formellement l’identité du “Terje” en question.
Vision 2030 au cœur des discussions
Saudi Vision 2030, lancé officiellement en avril 2016 par l’Arabie saoudite, visait à diversifier l’économie du royaume, réduire sa dépendance au pétrole et attirer massivement les capitaux internationaux. Il s’inspire directement du plan Vision 2030 du FEM visant une transition écologique basée sur la technologie.
Les messages montrent qu’à peine deux mois après le lancement de Vision 2030, le plan faisait déjà l’objet de discussions stratégiques dans les cercles fréquentés par Epstein.
Le ton employé par Epstein laisse entendre qu’il se positionnait comme analyste ou conseiller officieux.
Un éclairage sur les réseaux d’influence
Ces échanges confirment qu’en 2016, Epstein était engagé dans des discussions touchant aux grandes restructurations économiques internationales.
Le fait que Vision 2030 soit abordé dans une conversation privée montre que le plan saoudien circulait déjà dans des réseaux transnationaux mêlant diplomatie, finance et philanthropie.
Source :
Epstein Files : https://www.justice.gov/epstein/files/DataSet%2010/EFTA01623065.pdf