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Delcy Rodriguez. Photo : @government.ru

Venezuela : Delcy Rodríguez aurait négocié avec Washington dès l’automne 2025

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Selon une enquête du Guardian, la présidente par intérim du Venezuela aurait engagé des discussions secrètes avec l’administration du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Donald J. Trump plusieurs mois avant la capture de Nicolás Maduro. Delcy Rodríguez se serait dite prête à préparer une transition du pouvoir, à condition de ne pas participer directement à l’éviction du chef de l’État. Ces révélations éclairent d’un jour nouveau la spectaculaire recomposition politique observée à Caracas depuis début janvier.

Les coulisses de la transition vénézuélienne continuent de se dévoiler. D’après des informations publiées jeudi 22 janvier par le quotidien britannique The Guardian, Delcy Rodríguez aurait été en contact avec l’administration américaine dès l’automne 2025, bien avant l’enlèvement de Nicolás Maduro par les forces spéciales des États-Unis, le 3 janvier dernier à Caracas.

Le journal britannique affirme tenir ces informations de quatre sources de haut niveau directement impliquées dans les discussions. Selon elles, Delcy Rodríguez, alors vice-présidente et proche collaboratrice de Maduro, aurait assuré à ses interlocuteurs qu’elle était disposée à coopérer avec Washington une fois l’homme fort du régime chaviste écarté. Elle se serait engagée à préparer une transition du pouvoir, sans toutefois prendre part à une opération visant à renverser directement le président, qu’elle aurait dit craindre.

Ces révélations viennent confirmer des rumeurs persistantes depuis l’opération américaine, baptisée Absolute Resolve. Dès les jours qui ont suivi la capture de Maduro, l’attitude de Delcy Rodríguez avait surpris jusque dans les rangs de l’opposition vénézuélienne. Après des condamnations formelles de l’« agression » américaine et des déclarations de fidélité de façade au président déchu, la nouvelle cheffe de l’exécutif avait rapidement infléchi son discours. Le 4 janvier, au lendemain des événements, elle appelait publiquement à établir des relations « équilibrées et respectueuses » entre Caracas et Washington.

Selon The Guardian, ce revirement n’avait rien d’improvisé. Les échanges entre Delcy Rodríguez et des représentants américains auraient débuté plusieurs mois plus tôt, par l’intermédiaire d’émissaires qataris jouant un rôle de facilitateurs lors de réunions tenues dans la plus grande discrétion. Ces discussions auraient progressivement convaincu le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, initialement réticent, qu’un transfert de pouvoir vers cette figure du régime constituait la meilleure option pour éviter un effondrement brutal du pays.

En décembre, toujours selon le quotidien britannique, Delcy Rodríguez se serait dite prête à assumer la direction de l’État en cas de vacance du pouvoir, tout en refusant explicitement de participer à un complot contre Maduro. Depuis son investiture officielle comme présidente par intérim, le 5 janvier, ses premières décisions semblent confirmer l’existence d’un accord de fond avec les États-Unis.

La nouvelle administration a notamment accepté de confier aux États-Unis un rôle central dans la commercialisation du pétrole vénézuélien sur les marchés internationaux. Des projets de loi sur les hydrocarbures, les mines et les ressources minérales ont été annoncés afin d’attirer les investisseurs étrangers, tandis qu’un banquier formé aux États-Unis a été nommé à la tête de la principale agence publique d’investissement. Parallèlement, environ 150 prisonniers politiques ont été libérés, sur les quelque 800 encore détenus.

Autant de gestes interprétés comme des signaux d’ouverture et de pragmatisme, rompant avec la rhétorique anti-impérialiste qui dominait jusqu’alors le discours officiel. Pour une partie de la population, ces révélations confirment que la transition en cours à Caracas était, en réalité, en préparation bien avant la chute spectaculaire de Nicolás Maduro.

Sources : The Guardian. 

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