Samedi 15 mars 2026, plus de 11 000 personnes ont défilé dans les rues de Lyon lors d’une manifestation contre le racisme et le fascisme, à la veille du premier tour des municipales. Au sein de ce large rassemblement, le collectif Unité Hip Hop Lyon a organisé un moment artistique et militant mêlant culture urbaine et engagement citoyen.
Samedi, les rues de Lyon ont été le théâtre d’une importante mobilisation contre le racisme et ce que les organisateurs qualifient de « montée du fascisme ». Selon le ministère de l’Intérieur, environ 11 000 personnes ont pris part au cortège lyonnais, dans le cadre d’une journée nationale de manifestations organisée à la veille du premier tour des élections municipales.
Parti de la place Bellecour, le défilé a traversé une partie du centre-ville dans une ambiance mêlant slogans politiques, fumigènes et revendications diverses. Parmi les pancartes visibles en tête de cortège figuraient notamment des messages de soutien à des militants antifascistes incarcérés, tandis que plusieurs groupes scandaient des slogans tels que « Lyon antifa » ou encore « Pas de fachos dans nos quartiers ».
Dans ce contexte de mobilisation politique et sociale, certains collectifs ont choisi d’inscrire leur engagement dans une dimension culturelle. C’est notamment le cas du collectif Unité Hip Hop Lyon, qui a organisé au sein même de la manifestation un moment dédié à l’expression artistique issue de la culture hip-hop.
Hip-hop et mobilisation citoyenne
L’initiative était portée par Unité Hip Hop Lyon un collectif monté dans l’urgence par deux figures historiques du Hip Hop lyonnais: Agnès Maemblé issu du premier groupe de rap féminin de la région et Fred Bendongué, qui a fait parti des pionniers du break dans la région s’inscrit dans une tradition ancienne entre Rhône et saône de lier culture urbaine et engagement social.

Depuis ses origines, le hip-hop constitue en effet un espace d’expression pour des revendications politiques, sociales et identitaires. À Lyon, cette dynamique s’est matérialisée par une présence artistique intégrée au cortège, mêlant musique, prises de parole et performances.
L’objectif affiché par le collectif était de rappeler que la culture hip-hop, au-delà de son aspect artistique, reste profondément ancrée dans des dynamiques sociales et citoyennes. En investissant l’espace de la manifestation, le collectif entendait ainsi participer à la mobilisation tout en apportant une dimension culturelle à l’événement.
« Il étaient important que les acteurs du Hip Hop donnent de leur voix lors de cette marche contre le racisme », a commenté à notre micro Rudy Bwoy activiste du mouvement hip hop régionale avec son groupe Ethos, fier représentant du ragga-hip hop avec le Killa Sound Massiv. Rudy est revenu sur la culture contestataire lyonnaise avec les révoltes qui avaient eu lieu aux Minguettes et la marche contre le racisme et pour l’égalité, mais aussi l’esprit contestataire du hip hop. Entousiaste, le rappeur espère même pouvoir coaliser les acteurs du hip hop lyonnais lors d’un évènement spécifique.
Présente sur place, l’Insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi, s’est félicité de cette prise de position de la part des artistes car pour elle, « à l’heure où il y a un repli sur soi ».
La manifestation lyonnaise s’inscrivait dans un contexte local particulier. Elle intervenait trois semaines après une marche organisée en hommage à Quentin Deranque, militant d’extrême droite radicale décédé après avoir été violemment agressé lors d’un affrontement impliquant des membres de l’ultragauche. Cette marche avait rassemblé environ 3 200 personnes.