À Toulon, Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz ont prévenu que l’absence de sommet entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky d’ici lundi constituerait une provocation inacceptable. Paris et Berlin appellent à des sanctions supplémentaires pour contraindre Moscou à revenir à la table des négociations.
Réunis à Toulon lors d’un Conseil des ministres franco-allemand, Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont haussé le ton contre Moscou. Le président français a rappelé vendredi 29 août que Vladimir Poutine s’était « engagé auprès du président Trump » à rencontrer Volodymyr Zelensky, une promesse restée lettre morte. « Si cette réunion n’a pas lieu d’ici lundi, je crois qu’une fois encore, ça voudra dire que le président Poutine s’est joué du président Trump », a averti Emmanuel Macron. « Et cela ne peut pas rester sans réponse. »
Son homologue allemand a abondé : « Poutine n’a manifestement aucune volonté de rencontrer le président Zelensky, il pose des conditions préalables inacceptables. Cela fait partie de sa stratégie. » Face à cette impasse, Paris et Berlin se disent prêts à pousser pour l’adoption de sanctions supplémentaires, tant au niveau européen que du côté américain. « Nous continuerons d’exercer la pression pour forcer la Russie à revenir autour de la table des discussions », a martelé Emmanuel Macron, appelant Washington à renforcer aussi ses mesures économiques, notamment en matière de taxes douanières sur le gaz et le pétrole russes.
Zelensky rappelle l’urgence d’agir
Ces déclarations rejoignent l’appel lancé par Volodymyr Zelensky lors d’une visioconférence avec les dirigeants européens. Le président ukrainien a exhorté ses partenaires à « maintenir la pression » pour qu’une rencontre au sommet ait lieu au plus vite.
L’urgence est renforcée par les frappes massives menées sur Kiev dans la nuit de mercredi à jeudi. Selon l’administration militaire de la capitale, au moins 23 personnes, dont quatre enfants, ont péri et une cinquantaine d’autres ont été blessées. « Cette guerre pourrait encore durer de nombreux mois », a averti Friedrich Merz, appelant les alliés à se préparer à un conflit de longue haleine.
Le couple franco-allemand veut renforcer la défense ukrainienne
Dans une déclaration commune, Paris et Berlin ont également annoncé leur intention de fournir davantage de systèmes de défense antiaérienne à l’Ukraine, au regard des frappes russes de plus en plus massives. La semaine prochaine, Macron et Merz participeront à une réunion avec une trentaine de pays prêts à offrir des garanties de sécurité à Kiev, afin d’éviter une reprise du conflit une fois celui-ci terminé.
Emmanuel Macron a enfin tenu à répondre aux critiques de Moscou, qui l’accuse d’être « vulgaire » pour avoir qualifié Vladimir Poutine d’« ogre ». « Ce n’est pas une insulte, mais un constat », a-t-il répliqué, décrivant un « homme qui a choisi la dérive autoritaire et autocratique, et qui mène un impérialisme révisionniste visant à modifier les frontières internationales ».
Source : TF1.