À un an des élections métropolitaines, Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli ont confirmé l’abandon du projet de tramway express de l’ouest lyonnais (TEOL) au profit d’une relance du métro E. Présentée comme plus structurante et ambitieuse, cette alternative vise à relier Tassin-la-Demi-Lune à Bellecour, tout en s’inscrivant dans une refonte plus large de la politique de mobilités de la métropole de Lyon.
C’est à Tassin-la-Demi-Lune, commune symbolique de l’ouest lyonnais, que Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli ont choisi d’officialiser leur position sur l’avenir des transports métropolitains. Arrivés en transports en commun pour souligner les dysfonctionnements du réseau, les deux responsables politiques ont dressé un constat sévère, évoquant pannes d’escalators à répétition et problèmes de ponctualité. Une situation qu’ils entendent corriger en profondeur s’ils remportent les prochaines échéances électorales.
Au cœur de leur proposition, l’abandon du TEOL, un projet de tramway express longtemps défendu par la majorité actuelle. Jugé « de court terme » et insuffisamment structurant, ce tramway serait remplacé par un métro E reliant Alaï à Bellecour. Pour Jean-Michel Aulas, ce choix répond à une vision plus ambitieuse du développement métropolitain, capable d’accompagner durablement la croissance démographique et économique de l’ouest lyonnais.
Véronique Sarselli affirme que le projet est prêt à être relancé sans délai. « Les études sont faites et la concertation aussi », assure-t-elle, avançant un coût estimé à 1,4 milliard d’euros. Un montant proche des évaluations précédentes, même si Sytral Mobilités avait réévalué le coût du métro E à 1,5 milliard d’euros en 2022. De son côté, le TEOL avait déjà fait l’objet de critiques de la part de l’autorité environnementale, qui le jugeait surdimensionné au regard de la densité des territoires desservis.
La question de la densification urbaine reste néanmoins sensible. Le maire de Tassin, Pascal Charmot, reconnaît que l’arrivée d’un métro s’accompagnerait d’une évolution de l’habitat, tout en promettant une montée en charge progressive. Un discours qui devra convaincre des habitants souvent réticents à l’intensification urbaine, notamment en période électorale.
Sur le plan financier, le duo Aulas-Sarselli mise sur la récupération d’environ 900 millions d’euros grâce à l’abandon du TEOL. À cela s’ajouterait la capacité d’investissement du Sytral, estimée autour de 400 millions d’euros à l’horizon 2030. Il resterait toutefois au moins 200 millions d’euros à trouver pour boucler le financement du métro E, sans compter les ajustements envisagés sur d’autres projets.
Car cette relance s’inscrit dans une vision plus large. Les deux candidats souhaitent également redéfinir le tracé du futur tramway T8 dans l’est lyonnais, afin de mieux desservir les zones d’activité économique, notamment à Saint-Priest. Une proposition défendue par le maire LR Gilles Gascon, mais rejetée jusqu’ici par le président du Sytral, Bruno Bernard, au nom de la maîtrise des coûts et de l’efficacité du tracé actuel.
À plus long terme, Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli évoquent la création d’une « grande dorsale » reliant l’ouest et l’est de l’agglomération, de Tassin jusqu’à l’aéroport. Un projet à horizon 2040, qui reposerait sur le prolongement du métro E et ferait l’objet d’assises métropolitaines des mobilités prévues en septembre 2026.
Dans l’immédiat, les deux responsables promettent un plan d’urgence pour améliorer la fiabilité du réseau TCL. Celui-ci passerait par un audit technique, un renforcement des obligations contractuelles de l’opérateur, la constitution d’équipes d’intervention dédiées et l’accélération du plan de rénovation des escalators.
Les opposants au projet annoncé par Aulas et Sarcelle estiment qu’il serait dommage d’annuler le métro léger TEOL, prêt à être construit pour un métro surdimensionné pour l’Ouest, tout en soulignant que ole trajet Part Dieu–aéroport existe déjà avec le tram express, dont il serait judicieux de réduire le cout prohibitif.
Sources : Lyon Capitale, Le Progrès.