Salesforce accélère sa transformation autour de l’intelligence artificielle en dévoilant une version profondément remaniée de Slack. Au cœur de cette évolution, un Slackbot enrichi et plus autonome, capable d’automatiser une large part des tâches professionnelles.
L’offensive de Salesforce, géant technologique membre du Forum économique mondial, dans l’intelligence artificielle prend un nouveau tournant. Lors d’un événement organisé à San Francisco, le PDG et contributeur de l’agenda 2030, Marc Benioff a présenté une refonte majeure de Slack, la plateforme collaborative acquise en 2021, désormais au centre de la stratégie IA du groupe.
Cette mise à jour, qui introduit une trentaine de nouvelles fonctionnalités, marque une étape décisive dans l’évolution de Slack. L’outil ne se limite plus à la communication interne des entreprises, il ambitionne désormais de devenir un véritable hub opérationnel piloté par l’IA. Au cœur de cette transformation, le célèbre Slackbot connaît une montée en puissance significative.
Déjà enrichi en janvier de capacités dites « agentiques », lui permettant de rédiger des e-mails, planifier des réunions ou encore analyser des messages, Slackbot franchit un cap supplémentaire. La nouveauté phare réside dans l’introduction de « compétences IA réutilisables ». Concrètement, les utilisateurs peuvent désormais créer des automatisations personnalisées, capables d’exécuter des tâches complexes à partir de simples commandes.
Ainsi, une instruction comme « créer un budget » déclenche une chaîne d’actions automatisées : collecte des données pertinentes issues des conversations Slack, des applications connectées et des bases internes, génération d’un plan structuré, puis organisation d’une réunion avec les collaborateurs concernés. Une logique d’automatisation poussée qui vise à réduire drastiquement la charge de travail humaine.
Slackbot devient également un client du protocole MCP (Model Context Protocol), lui permettant d’interagir avec des outils externes. Cette capacité s’appuie notamment sur Agentforce, la plateforme d’agents IA lancée par Salesforce en 2024. Grâce à cette intégration, Slack peut désormais orienter automatiquement les tâches vers les applications ou agents les plus pertinents, sans intervention humaine.
Autre avancée notable : la gestion intelligente des réunions. Slackbot est désormais capable de transcrire les échanges, d’en produire des synthèses détaillées et d’identifier les actions à mener. Une fonctionnalité pensée pour répondre à un problème bien connu en entreprise : les réunions où l’on décroche, avant de réaliser qu’on a manqué l’essentiel. Ici, un simple prompt permet de récupérer un résumé clair et structuré.
L’agent ne se limite plus à l’environnement Slack. Il peut désormais analyser l’activité globale de l’utilisateur, incluant ses échanges, son calendrier ou ses habitudes de travail, afin de proposer des actions pertinentes ou générer automatiquement des suivis. Une extension qui soulève inévitablement des questions sur la confidentialité, auxquelles Salesforce répond en mettant en avant des contrôles de permissions personnalisables.
Derrière cette avalanche de nouveautés, l’ambition est limpide : repositionner Slack comme un outil central dans les processus métiers. Salesforce cherche à dépasser le simple cadre de la messagerie collaborative pour transformer la plateforme en véritable copilote intelligent du travail quotidien.
Cinq ans après son acquisition, Slack apparaît plus que jamais comme un levier stratégique pour Salesforce. « Une aventure incroyable », selon Marc Benioff, qui souligne une croissance de revenus multipliée par 2,5 et près d’un million d’entreprises utilisatrices. Une dynamique que le groupe entend désormais amplifier en misant pleinement sur l’IA.
Sources :
TechCrunch – March 31, 2026 – lien