À Saint-Denis, Bally Bagayoko remporte une victoire nette dès le premier tour des municipales 2026. Le candidat de La France insoumise, soutenu par le Parti communiste français, obtient 50,77 % des suffrages et bat le maire sortant socialiste Mathieu Hanotin. Ce résultat marque un basculement politique dans cette ville emblématique de Seine-Saint-Denis.
Le premier tour des élections municipales 2026 à Saint-Denis se solde par un verdict clair. Bally Bagayoko, candidat de La France insoumise soutenu par le Parti communiste français, est élu maire dès le premier tour avec 50,77 % des suffrages exprimés. Il devance nettement le maire sortant socialiste Mathieu Hanotin, qui recueille 32 % des voix selon les résultats définitifs publiés par le ministère de l’Intérieur.
Cette victoire permet à La France insoumise de conquérir l’une des villes les plus symboliques de la banlieue parisienne. Forte d’environ 150 000 habitants, Saint-Denis occupe une place centrale dans le paysage politique de la Seine-Saint-Denis et constitue historiquement un bastion de la gauche.
Interrogé sur LCI après l’annonce des résultats, Bally Bagayoko a présenté cette victoire comme un signal politique pour les territoires populaires. Selon lui, ce succès « montre que le chemin de la rupture dans les villes populaires comme Saint-Denis et Pierrefitte (…) est le chemin qu’il faut pour l’ensemble des territoires populaires ». Le nouveau maire a également évoqué la diversité de la commune, rappelant que la ville compte « 150 nationalités » et qu’elle représente « tout ce que l’extrême droite déteste ».
Une campagne particulièrement tendue
La campagne municipale à Saint-Denis a été marquée par un climat de fortes tensions entre les deux camps. Les équipes de Bally Bagayoko et de Mathieu Hanotin se sont accusées mutuellement d’irrégularités et de manœuvres durant les dernières semaines précédant le scrutin.
Le jour même du vote, la liste LFI-PCF a dénoncé l’utilisation présumée de moyens municipaux par le maire sortant pour « perturber la sincérité du vote ». Une accusation immédiatement rejetée par l’entourage de Mathieu Hanotin.
De son côté, le camp socialiste a reproché à ses adversaires plusieurs actions illégales, évoquant notamment l’« arrachage systématique » d’affiches sur les panneaux officiels et des menaces de mort visant certains militants. Ces accusations ont contribué à installer un climat particulièrement tendu autour de ce scrutin municipal.
La polémique s’est également nourrie d’autres accusations. L’entourage du maire sortant s’était publiquement inquiété de la présence supposée de trafiquants de drogue dans la campagne du candidat insoumis. Bally Bagayoko avait alors riposté en déposant plainte pour diffamation.
Un nouveau tournant politique pour Saint-Denis
Historiquement dirigée par le Parti communiste français pendant plusieurs décennies, la ville de Saint-Denis avait basculé vers le Parti socialiste lors des élections municipales de 2020, avec la victoire de Mathieu Hanotin. Le scrutin de 2026 marque donc un nouveau changement politique pour la commune.
En s’imposant dès le premier tour, Bally Bagayoko met fin au mandat du maire socialiste et installe La France insoumise à la tête d’une ville emblématique de la gauche française. Une victoire qui pourrait peser dans l’équilibre politique local et national à l’approche des prochaines échéances électorales.
Sources :
BFM TV – 16 mars 2026 – lien
AFP – 16 mars 2026 – https://www.afp.com/fr/news (informations relayées par BFMTV)