La péninsule du Kamtchatka, à l’extrême orient de la Russie, traverse l’un des pires épisodes neigeux de son histoire récente. Depuis la mi-janvier 2026, la ville de Petropavlovsk-Kamtchatski, capitale régionale située à près de 6 700 kilomètres de Moscou, est littéralement ensevelie sous la neige. Par endroits, la couche dépasse qautre mètres, provoquant un blocage quasi total des transports et des infrastructures.
Selon les autorités locales et les médias russes, les précipitations enregistrées cet hiver atteignent des niveaux jamais observés depuis les années 1970. En décembre, près de 370 millimètres de neige sont tombés sur la ville, soit plus de trois fois la moyenne mensuelle. En janvier, le phénomène s’est accentué, portant l’épaisseur du manteau neigeux à 1,70 mètre en centre-ville et jusqu’à 5 mètres dans certains quartiers périphériques.
Face à cette situation, le gouverneur régional Vladimir Solodov a reconnu le caractère critique de l’épisode et décrété l’état d’urgence. Les autorités se sont fixé pour objectif de rétablir un trafic minimal sur les grands axes, mais les opérations de déneigement progressent difficilement.
Infrastructures saturées et vie quotidienne bouleversée
Les transports publics sont à l’arrêt, les écoles ont fermé leurs portes et basculé vers l’enseignement à distance, tandis que l’approvisionnement des commerces devient de plus en plus compliqué. Pour éviter les pénuries alimentaires, les services régionaux fonctionnent désormais en « mode manuel », en prévenant directement les fournisseurs dès qu’un accès routier est temporairement dégagé.
Les équipes de secours et de voirie sont mobilisées jour et nuit. Plus de trente engins de chantier ont été déployés en une seule nuit pour évacuer plusieurs milliers de mètres cubes de neige. Malgré ces efforts, la ville tourne au ralenti et de nombreux habitants se retrouvent isolés dans leurs immeubles.
Des scènes spectaculaires devenues virales
Sur les réseaux sociaux russes, des vidéos montrent des habitants contraints de quitter leur logement par les fenêtres, parfois depuis plusieurs étages, tant les portes d’entrée sont bloquées par la neige. Ces images, largement relayées par la presse locale, illustrent l’ampleur exceptionnelle de la tempête et l’adaptation forcée de la population à des conditions extrêmes.
Malgré la situation, une forme de résilience se dégage. Certains habitants déneigent eux-mêmes des passages improvisés, d’autres ironisent sur leur quotidien transformé en décor de film catastrophe.
Colère et critiques face à la gestion de crise
Si une partie de la population fait preuve de patience, la colère monte chez d’autres habitants qui dénoncent un manque d’anticipation et de moyens. Plusieurs témoignages pointent l’insuffisance du matériel de déneigement et l’absence de sablage des routes, aggravant les risques de chutes et d’accidents.
Pour pallier l’impossibilité de circuler, les autorités ont réquisitionné des véhicules inhabituels, notamment des camions de la garde nationale et du ministère des Situations d’urgence, afin d’assurer des liaisons de substitution aux bus urbains.
Un signal fort du dérèglement climatique en Russie
Au-delà de l’événement local, cet épisode neigeux extrême relance le débat sur l’impact du changement climatique dans les régions polaires et subpolaires. L’intensité et la fréquence accrues de ces phénomènes interrogent la capacité des villes russes les plus isolées à faire face à des hivers de plus en plus imprévisibles.
Au Kamtchatka, l’hiver 2026 restera comme un tournant, à la fois par son ampleur météorologique et par les fragilités structurelles qu’il a mises en lumière.
Source : France Info, Courrier international.