Figure incontournable du paysage footballistique hexagonal, Rolland Courbis est mort à l’âge de 72 ans. Ancien joueur, entraîneur charismatique et consultant radio à la verve inimitable, il laisse l’empreinte d’un homme entier, passionné et profondément marseillais. Son décès, annoncé par RMC, suscite une vive émotion dans tout le monde du ballon rond.
Le football français perd l’un de ses visages les plus reconnaissables. Rolland Courbis s’est éteint dans la nuit de dimanche à lundi, à l’âge de 72 ans, comme l’a annoncé la radio RMC, où il officiait comme consultant depuis près de vingt ans.
Il serait décédé des suites d’une infection pulmonaire, après avoir été affaibli ces derniers mois. Né à Marseille, Courbis incarnait une certaine idée du football, faite de passion, de gouaille et de liberté de ton, aussi bien sur un banc de touche que derrière un micro.
Ancien défenseur reconverti entraîneur, il avait connu les honneurs dès sa carrière de joueur, remportant notamment le championnat de France avec l’Olympique de Marseille en 1972, puis avec l’AS Monaco à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Mais c’est surtout comme technicien qu’il s’est forgé une réputation singulière, mêlant management affectif, discours fleuri et sens aigu du jeu.
Sur les bancs des Girondins de Bordeaux, du Toulouse FC, de l’Olympique de Marseille, du RC Lens, de l’AC Ajaccio ou encore de Montpellier, Rolland Courbis a dirigé plusieurs générations de joueurs, dont un certain Zinédine Zidane à Bordeaux. À défaut d’un palmarès fourni, son passage dans ces clubs reste associé à une identité de jeu affirmée et à une capacité rare à mobiliser ses groupes, souvent dans des contextes tendus.
Sa carrière n’a toutefois pas été exempte de zones d’ombre. Condamné dans les années 1990 dans l’affaire de la caisse noire du Sporting Club de Toulon, puis en 2009 pour des transferts suspects liés aux comptes de l’OM, Courbis avait assumé ces épisodes judiciaires sans jamais se départir de son franc-parler. Cette complexité faisait aussi partie du personnage, tout comme sa passion assumée pour le jeu, les paris et les nuits tardives.
Certaines images demeurent gravées dans la mémoire collective, à l’image de l’incroyable OM-Montpellier du 22 août 1998, remporté 5-4 par Marseille après avoir été mené 0-4 à la pause. Une soirée folle, au Vélodrome, résumant à elle seule l’imprévisibilité et la théâtralité d’un entraîneur capable de passer de la honte à l’extase en quarante-cinq minutes.
Après sa dernière expérience sur un banc, à Sète en 2022, Rolland Courbis s’était pleinement consacré à son rôle de consultant radio. Le « Coach Courbis » était devenu une voix familière pour des millions d’auditeurs, racontant le football avec érudition, humour et une liberté de ton devenue rare. Didier Deschamps a salué « une personnalité attachante, chaleureuse, au caractère bien affirmé », tandis que Luis Fernandez a rappelé « un homme joyeux, gai, profondément amoureux du football ».
L’Olympique de Marseille évoque sur X un « Marseillais de cœur », qui « incarnait un football populaire et vivant ».
Au-delà des résultats, Rolland Courbis laisse l’image d’un homme vivant, excessif parfois, mais toujours sincère. Un personnage au sens presque romanesque, qui aura marqué plusieurs décennies de football français par sa parole autant que par ses actes.
Sources :
Le Figaro – Décès de Rolland Courbis – lien
RMC – Annonce du décès de Rolland Courbis – https://rmc.bfmtv.com