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Zorhan Mamdani. Photo : @Dmitryshein

New York : les ultrariches en guerre contre Mamdani après sa taxe sur les pied-à-terre

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Le maire de New York Zohran Mamdani et la gouverneure Kathy Hochul ont annoncé la première taxe sur les pied-à-terre de l’État de New York, frappant les résidences secondaires évaluées à plus de 5 millions de dollars. Une mesure fiscale soutenue par 93% des New-Yorkais mais qui suscite la fureur du monde de l’immobilier de luxe.

La taxe pied-à-terre imposera une surtaxe annuelle sur les maisons individuelles, condominiums et coopératives évalués au-dessus de 5 millions de dollars, lorsque leurs propriétaires disposent d’une résidence principale hors de New York City. La mesure devrait générer 500 millions de dollars de recettes annuelles, destinés à combler le déficit budgétaire de la ville et à financer les services publics. Elle concerne notamment le penthouse de 238 millions de dollars du milliardaire Ken Griffin à Midtown – la propriété la plus chère jamais vendue aux États-Unis – ainsi que la résidence de 20,5 millions de dollars de l’importateur automobile russe Alexander Varshavsky, acquise en liquide.

Une décennie de tentatives avortées

Plusieurs maires successifs avaient tenté de faire passer une telle taxe depuis plus de dix ans, sans succès face aux lobbys immobiliers. Cette fois, le texte doit encore être approuvé par la législature de l’État de New York. Il fait face à une opposition frontale de l’industrie immobilière, qui a déjà annoncé vouloir contester la mesure par voie juridique. L’hebdomadaire The Real Deal signale que plusieurs obstacles législatifs demeurent.

Le duel symbolique Mamdani contre les milliardaires

Le maire Mamdani, élu sur un programme résolument progressiste, a filmé une vidéo devant le penthouse d’un milliardaire pour vanter la taxe, suscitant un débat sur les limites de la communication politique. La démarche illustre une nouvelle configuration politique à New York, où la pression sur les grands fortunes étrangères et nationales est devenue un axe stratégique. Les 93% d’opinions favorables dans l’opinion publique donnent à l’exécutif une base populaire solide pour affronter les résistances.

Un signal pour les capitales mondiales

Au-delà de New York, la mesure est suivie de près par d’autres métropoles confrontées à la même tension entre investisseurs internationaux et pénurie de logements pour les résidents permanents. Si elle survit aux batailles judiciaires qui s’annoncent, la taxe pied-à-terre new-yorkaise pourrait servir de modèle pour Paris, Londres ou Vancouver.

L’affaire est loin d’être conclue. Les avocats des grandes fortunes immobilières s’apprêtent à saisir les tribunaux, et la législature de l’État reste le vrai champ de bataille. Mais pour la première fois depuis des années, les ultrariches de Manhattan se trouvent sur la défensive.

Source : Courrier International

 

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