Lors d’un débat télévisé organisé à Marseille pour les municipales 2026 par BFM-TV et La Provence, médias appartenant au groupe CMA CGM en partenariat avec Le Figaro, appartenant également au groupe Dassault , également membre du FEM, Martine Vassal a repris à son compte la devise « Travail, famille, patrie », associée au régime de Vichy, tandis que le candidat RN, Franck Allisio, a « revendiqué » l’idée d’un pass « anti-racailles » pour certaines plages.
La campagne municipale marseillaise a franchi un cap symbolique jeudi 19 février, lors d’un débat organisé au palais de la Bourse, à deux pas du Vieux-Port. Alors que les quatre principaux candidats échangeaient depuis plus d’une heure sur des thèmes mêlant enjeux locaux et polémiques nationales, la candidate divers droite Martine Vassal, soutenue par des élus issus de la droite classique (ex-LR) et par des membres de la majorité présidentielle, dont Renaissance a prononcé une formule qui a figé le plateau.
Interrogée sur un éventuel rapprochement avec le Rassemblement national au second tour, la présidente de la Métropole Aix-Marseille-Provence a tenu à affirmer que ses valeurs « n’avaient jamais changé ». « C’est le mérite, le travail, la famille, la patrie », a-t-elle déclaré. La référence à la devise du régime de Vichy, « Travail, famille, patrie », a immédiatement suscité des réactions. « Vous vous rendez compte de ce que vous venez de dire ? Travail, famille, patrie, c’est le slogan de M. Pétain », l’a interrompue le maire sortant, Benoît Payan. « Oui, bien sûr. Et c’est mon slogan et ce sont mes valeurs ! », a répliqué Martine Vassal, avant d’ajouter : « Et humanité. » La scène, diffusée en direct, a rapidement enflammé les réseaux sociaux.
Dans l’entourage de la candidate qui avait soutenu le contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Emmanuel Macron en 2022, le président qui avait également suscité la polémique en novembre 2018, suite à des propos controversée sur le général Pétain, on a tenté de désamorcer la polémique. Son porte-parole Romain Simmarano a évoqué une « fausse polémique », assurant que Martine Vassal était « aux antipodes des valeurs pétainistes ». La candidate elle-même a dénoncé un « détournement » de ses propos et une attaque « aussi violente qu’injuste ».
Donnée en retard dans les sondages, Martine Vassal a attaqué frontalement Benoît Payan, l’accusant d’être « responsable de la montée d’un RN qui surfe sur les colères » et dressant le portrait d’une ville en proie à « une insécurité croissante », malgré des chiffres préfectoraux en baisse. Elle a également qualifié le candidat RN, Franck Allisio de « touriste électoral », lui reprochant d’avoir quitté Marseille pour être élu député dans une autre circonscription.
Le candidat RN à Marseille Franck Allisio assume l’idée d’un pass « anti-racailles » pour certaines plages
Franck Allisio, député RN des Bouches-du-Rhône et candidat à la mairie de Marseille, qui apparaît comme le principal rival de la gauche marseillaise, a tendu la main à la candidate divers droite pour une union au second tour « afin d’épargner à Marseille un nouveau mandat de la gauche ». Mais après la séquence polémique, il a ironisé en conditionnant toute alliance à l’abandon « du macronisme… et du pétainisme ».
Allisio a assumé son projet de pass « anti-racailles » pour certaines plages de la ville. Il propose de réserver des zones aux détenteurs d’un « pass famille-minots-seniors », afin d’exclure, selon lui, les individus qui « pourrissent la vie » des usagers par des vols, agressions ou harcèlements.
Estimant que de nombreux Marseillais évitent désormais les plages de la ville par manque de sécurité, le candidat du Rassemblement national veut également tripler les effectifs de la police municipale pour sécuriser l’ensemble du littoral. Il compare son projet à des créneaux réservés aux enfants dans les piscines, défendant l’idée de préserver des espaces pour les familles et les seniors.
À moins d’un mois du premier tour des municipales, Franck Allisio a aussi réaffirmé d’autres propositions de son programme, comme le port d’un uniforme à l’école, le chant hebdomadaire de La Marseillaise et le lever du drapeau tricolore.
Un débat sous haute tension
Les échanges ont été marqués par des piques répétées et des attaques personnelles. À gauche, Sébastien Delogu a multiplié les attaques contre ses adversaires, accusés de « faire de fausses promesses », tout en défendant une police municipale « non armée » et de proximité. Interrogé sur les liens entre LFI et le groupuscule La Jeune Garde, il a réaffirmé son opposition « à toute violence politique » et rendu hommage à Quentin Deranque, militant nationaliste tué à Lyon, demandant que « justice soit faite ».
Au-delà de la polémique, le débat a confirmé l’hypothèse d’une quadrangulaire au second tour. Si Sébastien Delogu affirme vouloir créer les « conditions d’une union » à gauche, Benoît Payan juge ce scénario peu crédible. Martine Vassal, quant à elle, a écarté l’idée d’une fusion avec le RN.
Sources :
Le Monde – 20 février 2026 – lien