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Photo : @Huhu Uetcaca de dubai

MSC, CMA CGM, Maersk : les grands armateurs membres du WEF suspendent leurs opérations dans le Golfe 

L’escalade militaire au Moyen-Orient provoque désormais un effet domino sur le commerce maritime mondial. Après que plusieurs géants du transport maritime ont suspendu leurs opérations dans le Golfe, c’est désormais au tour de MSC, premier armateur mondial, de donner l’ordre à l’ensemble de ses navires présents dans la zone de se mettre à l’abri.

La décision de l’armateur italo-suisse marque un tournant. Elle confirme que le risque sécuritaire dans le golfe Persique est désormais jugé suffisamment élevé pour justifier des mesures exceptionnelles de protection de flotte.

Une réaction en chaîne des armateurs

Tout a commencé avec l’annonce de CMA CGM, troisième armateur mondial et membre du Forum économique mondial, qui a ordonné à « tous les navires actuellement dans le Golfe, ou en route vers le Golfe », de chercher refuge avec effet immédiat. Le groupe français a également suspendu le passage par le canal de Suez jusqu’à nouvel ordre, déroutant ses navires par le cap de Bonne-Espérance. Ce détour représente plusieurs milliers de kilomètres supplémentaires entre l’Asie et l’Europe.

Dans la foulée, Hapag-Lloyd qui compte parmi ses actionnaires le groupe Kühne, membre du FEM a gelé le transit de ses cargos par le détroit d’Ormuz, point névralgique du commerce énergétique mondial.

Le danois Maersk également membre du WEF avait déjà averti ses clients de possibles retards, avant d’annoncer à son tour la suspension de ses passages par Ormuz après des incidents sécuritaires visant des navires dans la région.

L’entrée en scène de MSC amplifie considérablement la portée de cette séquence. En tant que plus grand propriétaire de navires au monde, sa décision ne relève pas d’un simple ajustement tactique mais d’un signal fort envoyé à l’ensemble du secteur.

Le détroit d’Ormuz, artère stratégique sous tension

Le détroit d’Ormuz relie le Golfe à l’océan Indien. Environ 20 pour cent de la production mondiale de pétrole y transite chaque année. La moindre perturbation de ce corridor stratégique a des conséquences immédiates sur les marchés de l’énergie et les chaînes logistiques mondiales.

Les frappes américano-israéliennes en Iran et les représailles de Téhéran ont fait monter d’un cran les tensions. Des navires auraient été avertis par radio que le passage n’était pas autorisé. Washington a appelé les navires commerciaux à rester à l’écart du Golfe en raison d’activités militaires importantes, tandis que la Force navale de l’Union européenne s’est déclarée en état d’alerte maximale.

Assurance, délais et risque systémique

Au-delà du danger militaire, un autre facteur pèse lourd : l’assurance maritime. Les experts du secteur préviennent qu’un simple doute sur la sécurité du détroit suffit à faire exploser les primes. Les navires ayant des liens commerciaux avec des intérêts américains ou israéliens pourraient rencontrer des difficultés accrues à obtenir une couverture.

Dans les colonnes de Sud-Ouest, Jakob Larsen, directeur de la sûreté et de la sécurité chez BIMCO, plus grande organisation internationale représentant les armateurs et acteurs du transport maritime, membre du FEM estime que les primes d’assurance devraient fortement augmenter et que les navires entretenant des relations commerciales avec les États-Unis ou Israël, s’ils s’approchent de la zone concernée, risquent de rencontrer des obstacles pour obtenir une couverture.

Déjà, des pétroliers ont fait demi-tour ou se sont immobilisés avant Ormuz. Chaque déroutement rallonge les délais, renchérit les coûts et fragilise un commerce mondial déjà soumis à des tensions géopolitiques répétées.

Les chiffres d’affaire exceptionnels des armateurs depuis la crise sanitaire

La crise Covid, la guerre en Ukraine et les frappes des Houthis avaient déjà déstabilisé le commerce mondial ses dernières années, mais les grands armateurs de porte-conteneurs ont connu un cycle économique exceptionnel. Après une forte hausse en 2021, leurs revenus ont atteint un pic historique en 2022 grâce à l’explosion des taux de fret liée aux congestions et aux déséquilibres logistiques. Cette année là, les armateurs ont enregistré des Chiffres d’affaires recordes. A.P. Møller – Maersk a enregistré un chiffre d’affaires de 81,529 milliards de dollars, devant CMA CGM avec 74,5 milliards de dollars, tandis que Hapag-Lloyd a atteint 36,4 milliards de dollars.

En 2023, la normalisation du commerce mondial et l’augmentation des capacités ont entraîné une forte baisse des taux et donc du chiffre d’affaires. En 2024, le secteur a connu une stabilisation ou un léger rebond, sans retrouver les niveaux records de 2022. Le groupe CMA CGM a toutefois annonce un chiffre d’affaires de 55,5 Md$, en hausse de 18% sur un an, cette année là.

Pour 2025 et début 2026, l’évolution dépend surtout des tensions géopolitiques et des perturbations des routes maritimes plutôt que d’un nouveau boom des prix.

Si les grands armateurs mondiaux n’ont pas été impacté par les différentes crises, on ne peut pas en dire autant des consommateurs qui ont été impactés par une forte inflation.

Sources :

Sud-Ouest, Upday, Free Dom, weforum.

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