Alors que l’enquête progresse sur la mort de Quentin Deranque, de nouvelles interrogations émergent sur le dispositif de sécurité mis en place le jour des faits. Selon Mediapart, les renseignements territoriaux étaient informés d’un happening de militantes d’extrême droite devant Sciences Po Lyon, sans qu’une présence policière visible ne soit déployée. Un enchaînement qui alimente les critiques sur la gestion des tensions autour de la venue de Rima Hassan.
La mort de Quentin Deranque continue de susciter de vives interrogations, au-delà du seul cadre judiciaire. Alors que plusieurs suspects ont été mis en examen, des zones d’ombre persistent sur les conditions dans lesquelles les affrontements ont éclaté à proximité de Sciences Po Lyon.
Selon les informations révélées par Mediapart, les renseignements territoriaux auraient été avertis depuis plusieurs jours du projet de happening des militantes du collectif Némésis devant l’établissement. Cette action devait se tenir en marge d’une conférence organisée dans un climat politique particulièrement tendu, marquée par la venue de Rima Hassan, personnalité régulièrement ciblée par l’extrême droite.
Pourtant, aucune présence policière visible n’aurait été déployée aux abords immédiats de l’institut, ne serait-ce qu’à titre dissuasif. Ce n’est qu’au moment où des étudiants de Sciences Po Lyon ont commencé à repousser la poignée de militantes que les forces de l’ordre ont été appelées. Des camionnettes de police ont ensuite été stationnées dans une rue adjacente, mais à l’opposé du tunnel où se déroulaient les affrontements les plus graves.
Cette séquence interroge sur l’anticipation des risques, dans un contexte où les tensions idéologiques étaient connues. Comment des affrontements violents, suivis d’un lynchage, ont-ils pu se produire à quelques centaines de mètres d’un événement politique identifié comme sensible ?
Dans un communiqué, Sciences Po Lyon a fermement contesté les accusations circulant sur les réseaux sociaux et dans certains médias. L’établissement assure avoir « tout mis en œuvre pour assurer la sécurité des personnes et des biens lors de la venue de Rima Hassan ». Il précise que « les différents services de l’État ont été informés en amont de la tenue de cette conférence et à chaque étape de son organisation », et que des agents de sécurité ainsi que la direction étaient présents pour prévenir tout débordement.
Interrogée par Mediapart, la préfecture d’Auvergne-Rhône-Alpes n’a pas donné suite, pas plus que le ministère de l’Intérieur. Ce silence institutionnel alimente les critiques et laisse en suspens la question centrale : celle de la coordination entre les services de renseignement, les autorités préfectorales et l’établissement universitaire dans la gestion d’un événement à haut risque.
Alors que l’enquête judiciaire se poursuit, ces éléments pourraient nourrir le débat sur la responsabilité des différents acteurs publics dans la prévention des violences politiques. À Lyon, l’émotion ne retombe pas, et les interrogations, elles, s’installent durablement.
Sources :
Mediapart – Article publié le 19 février 2026 – https://www.mediapart.fr/