L’administration Trump a engagé une nouvelle offensive contre plusieurs médias américains dans le cadre d’enquêtes sur des fuites liées à la guerre en Iran. Le ministère de la Justice cherche désormais à contraindre des journalistes à remettre des documents internes et des informations sur leurs sources. Une rupture assumée avec les règles de protection de la presse instaurées sous l’administration Biden.
Le ministère américain de la Justice a ordonné l’émission de convocations judiciaires visant plusieurs journalistes ayant travaillé sur des révélations liées à la stratégie militaire des États-Unis en Iran. Ces procédures ont été lancées après la diffusion d’articles détaillant les discussions internes de l’exécutif autour des opérations militaires décidées par Donald Trump.
Le ministre de la Justice par intérim, Todd Blanche, soutient personnellement cette ligne offensive. Ancien avocat de Donald Trump dans plusieurs affaires pénales, il a affirmé que la poursuite des auteurs de fuites constituait « une priorité » pour l’administration. Les convocations émises par un grand jury fédéral visent notamment le Wall Street Journal, auquel les enquêteurs réclament des archives de travail et des éléments susceptibles d’identifier les sources ayant transmis des informations classifiées.
Selon le Wall Street Journal, Donald Trump aurait directement demandé un durcissement des enquêtes après la publication d’articles sur la conduite de la guerre contrel’Iran et sur les débats internes au Pentagone. Lors d’une réunion à la Maison-Blanche, le président aurait remis à Todd Blanche une pile d’articles de presse accompagnée d’une note portant le mot « trahison ».
Une remise en cause des protections accordées à la presse
Cette stratégie marque une rupture avec les directives adoptées sous la présidence de Joe Biden, qui limitaient fortement les possibilités pour le gouvernement fédéral de saisir les données de journalistes dans les affaires de fuite. Ces garanties avaient été instaurées après plusieurs controverses impliquant les administrations précédentes et les pratiques de surveillance du ministère de la Justice contre la presse américaine.
Les nouvelles procédures incluent des demandes adressées à des opérateurs téléphoniques ainsi que des recherches ciblant directement les communications de reporters spécialisés dans les questions de défense et de sécurité nationale. D’après des informations relayées par la presse américaine, le domicile d’un journaliste du Washington Post aurait également fait l’objet de perquisitions dans le cadre de ces investigations.
Plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse dénoncent une atteinte directe au Premier amendement de la Constitution américaine, qui protège la liberté d’expression et le travail des médias. Dow Jones, maison mère du Wall Street Journal, a condamné des procédures qu’elle considère comme une tentative d’intimidation contre les journalistes enquêtant sur les décisions de l’exécutif.
Des tensions anciennes entre Donald Trump et les médias
Les relations entre Donald Trump et une partie de la presse américaine demeurent profondément conflictuelles depuis son premier mandat présidentiel. Le président a régulièrement accusé plusieurs grands médias d’agir contre ses intérêts politiques et d’affaiblir la sécurité nationale par leurs révélations.
Les investigations actuelles interviennent dans un climat particulièrement tendu autour de la guerre menée contre l’Iran et des débats sur les informations classifiées ayant circulé dans la presse. Les articles visés évoquaient notamment les discussions stratégiques au sein de l’administration avant le lancement des opérations militaires ainsi que les échanges entre Washington et le gouvernement israélien.
Sources :
France 24 – Article du 12 mai 2026
Le Figaro – Article du 12 mai 2026
