You are currently viewing Jean-Luc Mélenchon : un tweet incendiaire après la marche lyonnaise, dénonçant « les nazis » et une « honte nationale »
Photo : compte Facebook de Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon : un tweet incendiaire après la marche lyonnaise, dénonçant « les nazis » et une « honte nationale »

Après la marche d’hommage à Quentin Deranque à Lyon, Jean-Luc Mélenchon a publié un message virulent sur Facebook, accusant plusieurs figures de l’ultradroite d’avoir défilé en première ligne. Le leader de La France insoumise fustige une « réhabilitation honteuse » et dénonce l’absence de condamnation politique face aux « slogans et saluts nazis » observés lors du rassemblement.

La bataille politique s’est déplacée sur le terrain numérique. Quelques heures après la marche d’hommage organisée à Lyon en mémoire de Quentin Deranque, qui a réuni selon la préfecture 3 200 personnes, Jean-Luc Mélenchon a publié un long message sur Facebook accusant des « personnalités nazies » d’avoir défilé en tête du cortège.

Dans ce tweet particulièrement offensif, le fondateur de La France insoumise affirme que « d’éminentes personnalités » présentes lors de la manifestation permettent de « mieux comprendre quelle honteuse réhabilitation a été le pilonnage médiatique de cette semaine anti LFI ». Il cite nommément plusieurs militants ou figures de l’ultradroite lyonnaise et nationale, détaillant pour chacun des condamnations judiciaires ou des engagements passés.

Parmi les noms cités figure Yvan Benedetti, ancien président de L’Œuvre française, mouvement pétainiste dissous en 2013. Jean-Luc Mélenchon rappelle ses condamnations pour diffamation et provocation publique à la haine envers les juifs en 2021, ainsi qu’une amende de 10 000 euros en 2022 pour contestation de crime contre l’humanité.

Le tweet mentionne également Alexandre Gabriac, fondateur des Jeunesses nationalistes. Exclu du Front national en 2011 après la diffusion d’une photographie le montrant effectuant un salut nazi, il a par la suite revendiqué d’autres gestes similaires, notamment devant la tombe de Benito Mussolini. Jean-Luc Mélenchon souligne aussi son rôle dans l’organisation de manifestations à Lyon scandant des slogans tels que « La rue, la France, nous appartient » ou « Pas de quartier pour les pédés ».

Autre figure pointée : Marc de Cacqueray-Valménier, présenté comme fondateur des Zouaves Paris, groupuscule dissous en 2022, et acteur de la réactivation du GUD la même année. Selon le message du dirigeant insoumis, il a été condamné en 2022 à un an de prison ferme pour une attaque contre un bar antifasciste à Paris, puis en 2026 à un an de prison dont six mois fermes pour des violences contre des militants de SOS Racisme. Jean-Luc Mélenchon évoque également son arrestation en février 2024 après un hommage rendu à l’écrivain collaborationniste Robert Brasillach, ainsi que son implication présumée dans des violences en marge du match France-Maroc.

Le tweet cite encore Eliot Bertin, ancien chef du groupe Lyon Populaire, dissous en juin 2025 pour exaltation de la collaboration avec l’Allemagne nazie. Il aurait été mis en examen en février 2024 pour son rôle dans l’attaque d’une conférence sur la Palestine dans le Vieux-Lyon et ferait l’objet d’une interdiction de paraître à Lyon.

Jean-Luc Mélenchon mentionne aussi Fabrice Robert, figure historique du Bloc identitaire, désormais appelé Les Identitaires, condamné en 1992 pour distribution de tracts négationnistes. Il rappelle son rôle dans l’organisation des « Assises de la résignation » en 2014 sous l’égide du mouvement identitaire.

Raphaël Ayam est également cité comme leader d’un groupuscule nationaliste-révolutionnaire créé après la dissolution du Bastion social en 2019. Le tweet souligne sa participation en 2023 à une conférence organisée en Espagne par une association liée à la mémoire de Léon Degrelle, ancien officier SS.

Parmi les autres noms avancés figurent Aurélien Verhassel, ancien dirigeant du groupuscule identitaire lillois La Citadelle dissous en 2024 ; Alice Cordier, fondatrice du collectif Némésis, mouvement se présentant comme féministe identitaire ; Aliette Espieux, organisatrice de la marche et porte-parole de la Marche pour la Vie, décrite comme proche des milieux radicaux et mariée à Eliot Bertin ; et Gabriel Lousteau, responsable du GUD, condamné en juin 2024 pour menace de mort et injure publique à caractère raciste.

Le ton du tweet est sans ambiguïté. « C’est un jour de honte nationale. Les pétainistes sont de retour », écrit-il, estimant que « pas un » responsable politique n’a condamné les slogans et saluts nazis observés pendant la manifestation. Il accuse également « les hautes autorités de la droite, de la macronie et autres grandes consciences » d’assimiler « le refus du génocide des Palestiniens à l’antisémitisme », dans une référence directe aux polémiques récentes autour des positions de LFI sur le conflit au Proche-Orient.

Ce message s’inscrit dans un climat de forte polarisation. La marche lyonnaise, organisée en hommage au militant nationaliste tué le 12 février, a donné lieu à des slogans hostiles aux antifascistes et à La France insoumise. Des gestes et cris à connotation néonazie ont également été signalés par plusieurs journalistes présents sur place. L’enquête judiciaire sur l’agression mortelle se poursuit, avec sept mises en examen, dont deux collaborateurs du député insoumis Raphaël Arnault.

En qualifiant LFI de « dernier rempart politique » face à l’extrême droite et en appelant à une « contre-offensive », Jean-Luc Mélenchon adopte une stratégie de confrontation assumée.

Sources :

Publication X de Jean-Luc Mélenchon – 21 février 2026 – https://x.com

Le Monde – 21 février 2026 – https://www.lemonde.fr

BFMTV – DIRECT. Hommage à Quentin Deranque, 21 février 2026 – https://www.bfmtv.com

Laisser un commentaire