L’Organisation mondiale de la santé a confirmé vendredi 22 mai 2026 un nouveau cas d’hantavirus parmi l’équipage du navire de croisière MV Hondius, actuellement en quarantaine à Rotterdam. Le bilan du foyer d’infection s’élève désormais à 12 cas signalés et trois décès depuis le début de l’alerte. Plus de 600 personnes font l’objet d’un suivi sanitaire dans trente pays.
Début mai 2026, plusieurs cas graves de syndrome respiratoire sévère ont été signalés à bord du MV Hondius, navire de croisière battant pavillon néerlandais. Le virus identifié est le virus des Andes, seule souche d’hantavirus connue à se transmettre de personne à personne. Habituellement endémique dans les régions andines d’Argentine et du Chili, ce pathogène est particulièrement redouté en raison de son taux de létalité élevé.
Lors d’une escale aux îles Canaries, entre le 10 et le 11 mai, plus de 120 passagers et membres d’équipage ont débarqué avant d’être rapatriés dans leurs pays respectifs. Le navire a ensuite poursuivi sa route avec 27 membres d’équipage jusqu’à Rotterdam, où il est arrivé le 19 mai pour y être entièrement désinfecté.
Un nouveau cas confirmé le 22 mai
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé lors d’une conférence de presse la confirmation d’un nouveau cas positif. Il s’agit d’un membre d’équipage qui avait débarqué à Tenerife le 11 mai et avait été rapatrié le jour même aux Pays-Bas, où il se trouvait en quarantaine. “Le patient a été admis à l’hôpital par précaution et est à l’isolement”, a précisé l’Institut national néerlandais pour la santé publique et l’environnement. Ce cas porte le bilan total à 12 cas signalés, dont trois décès, tous liés au passage sur le navire.
C’est le premier cas positif enregistré depuis dimanche dernier, date à laquelle un malade au Canada avait été testé positif. Parmi les victimes décédées figurent un couple néerlandais et une ressortissante allemande.
La France également touchée par le foyer infectieux
Cinq ressortissants français se trouvaient à bord du MV Hondius. Hospitalisés à l’hôpital Bichat à Paris, l’un d’eux, une femme de plus de 65 ans, a été testée positive au virus des Andes. Elle se trouvait toujours en réanimation vendredi selon la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Vingt-deux personnes ayant eu des contacts avec l’une des victimes décédées ont également été placées sous surveillance dans différents établissements hospitaliers français.
Au total, plus de 600 contacts font l’objet d’un suivi épidémiologique dans une trentaine de pays, avec des tests hebdomadaires pour les personnes évacuées.
Un virus rare aux enjeux sanitaires internationaux
Le virus des Andes reste une pathologie rare à l’échelle mondiale, mais sa capacité de transmission interhumaine et son taux de mortalité élevé en font un sujet de vigilance prioritaire pour les autorités sanitaires. L’ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies) suit attentivement l’évolution du foyer depuis son identification à bord du MV Hondius. L’origine précise de la contamination n’a pas encore été établie avec certitude – les experts évoquent un possible contact avec des rongeurs lors d’escales en Amérique du Sud, où le virus est endémique.
Le foyer d’hantavirus lié au MV Hondius illustre la capacité d’un pathogène rare à se diffuser rapidement à l’échelle internationale via les routes maritimes. Alors que le bilan reste encore évolutif et que des centaines de personnes demeurent sous surveillance dans trente pays, les autorités sanitaires mondiales appellent à la vigilance. Le MV Hondius, lui, attend sa désinfection dans le port de Rotterdam.
Source : France Info / AFP – 22 mai 2026 | ECDC
