Déclaré inéligible jusqu’en octobre 2026 par le Conseil d’État, Francis Lalanne a pourtant annoncé le lancement officiel de sa campagne pour les municipales à Lyon. Le chanteur affirme vouloir déposer des listes Spartacus pour la mairie centrale, le 8e arrondissement et la Métropole. Une démarche contestée par la haute juridiction administrative.
Le feuilleton prend des allures de bras de fer institutionnel. Francis Lalanne a confirmé, lors d’une conférence de presse tenue vendredi 13 février, son intention de briguer la mairie de Lyon, celle du 8e arrondissement ainsi que la présidence de la Métropole de Lyon. Il entend présenter des listes sous la bannière de Spartacus, mouvement qu’il qualifie de « sans étiquette », bien qu’une partie de ses membres ait été auparavant engagée à l’extrême droite.
Cette annonce intervient alors que le Conseil d’État a prononcé en avril 2025 une inéligibilité de dix-huit mois à son encontre, théoriquement valable jusqu’en octobre 2026. Une sanction qui, en principe, l’empêcherait de se présenter aux élections municipales prévues cette année.
L’artiste conteste cependant la portée de cette décision. Il affirme ne « jamais avoir été notifié » de la sanction et en déduit qu’elle ne serait « pas exécutoire ». Contacté par la presse régionale, le Conseil d’État a démenti cette interprétation, rappelant la validité de la décision rendue.
Interrogé sur le recours en référé-liberté qu’il avait déposé pour tenter de suspendre son inéligibilité – et qui a été rejeté – Francis Lalanne évoque « beaucoup de mystères » et dit avoir agi « de bonne foi ». Se présentant comme un « candidat antisystème », il dénonce une décision qu’il qualifie de « torchon » et maintient qu’« il n’y a aucune raison » qu’il soit empêché de se présenter.
La situation place désormais la responsabilité sur l’administration préfectorale. Les candidats ont jusqu’au 26 février à 18 heures pour déposer leurs listes. Francis Lalanne a indiqué qu’il écrirait à la préfète afin de faire valoir sa position. C’est à l’issue du contrôle des candidatures que sera tranchée la question de sa recevabilité.
Au-delà du cas personnel du chanteur, cette séquence illustre les tensions qui traversent déjà la campagne des municipales à Lyon. Entre candidatures atypiques, recompositions partisanes et contentieux juridiques, la bataille électorale s’annonce aussi politique que procédurale.
Sources :