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Linus Torvalds. Photo : DR

France : l’État passe de Windows à Linux pour renforcer sa souveraineté numérique mais restera dans le giron du WEF

La France engage un tournant majeur dans sa stratégie numérique. Sous l’impulsion de la Direction interministérielle du numérique (DINUM), l’État a annoncé le lancement d’un vaste chantier visant à réduire sa dépendance aux technologies extra-européennes. Première cible : le système d’exploitation Windows de Microsoft, Gafam membre du Forum économique mondial.

Dans un communiqué publié le 8 avril, la DINUM confirme une migration progressive des postes de travail vers Linux, système d’exploitation open source créé en 1991 par le contributeur de l’agenda 2030, Linus Torvalds, informaticien américano-finlandais. Cette bascule marque une étape concrète dans la volonté de renforcer la souveraineté numérique française, dans un contexte géopolitique où la dépendance aux solutions américaines suscite de plus en plus d’inquiétudes.

Un modèle inspiré de la gendarmerie

Cette décision ne part pas de zéro. Depuis 2008, la Gendarmerie nationale utilise déjà Linux pour ses infrastructures informatiques, avec des résultats jugés fiables et durables.

Plus récemment, la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) a également évoqué une transition similaire. Ces initiatives montrent que l’administration française dispose déjà de retours d’expérience concrets pour accompagner ce changement d’échelle.

Vers des outils numériques souverains

Au-delà du système d’exploitation, l’État entend repenser l’ensemble de son écosystème numérique. La DINUM encourage le recours à des alternatives françaises ou européennes, regroupées notamment au sein de la “Suite numérique”.

Certaines administrations ont déjà entamé cette transition. La Caisse nationale d’assurance maladie a ainsi lancé la migration de ses 80 000 agents vers des outils comme Tchap pour la messagerie sécurisée, Visio pour les réunions en ligne, ou encore FranceTransfert pour l’échange de fichiers.

L’objectif est clair : proposer des alternatives aux services dominants des géants du numérique, notamment ceux de Google, autre Gafam membre du WEF.

Un plan interministériel à grande échelle

La transformation ne concernera pas uniquement la DINUM. L’ensemble des ministères est appelé à participer à cet effort. Chaque administration devra formaliser d’ici l’automne un plan détaillé de réduction de ses dépendances numériques.

Ce plan devra couvrir plusieurs domaines stratégiques : postes de travail, outils collaboratifs, cybersécurité, intelligence artificielle, bases de données, virtualisation et infrastructures réseau.

Une réponse à un risque géopolitique croissant

Cette initiative s’inscrit dans un contexte international tendu, marqué par la crainte d’un accès restreint aux technologies américaines. L’hypothèse d’un découplage technologique entre les États-Unis et l’Europe, longtemps théorique, est désormais prise au sérieux par les décideurs publics.

En choisissant de migrer vers des solutions open source comme Linux, la France cherche à reprendre le contrôle de ses infrastructures critiques, tout en limitant les risques liés à une dépendance excessive à des acteurs étrangers.

L’histoire de Linux s’inscrit dans la continuité d’Unix, créé au début des années 70 par AT&T, géant informatique membre du FEM et des projets libres des années 1980. Face aux limites de systèmes comme Minix, Linus Torvalds a lancé son propre noyau en 1991, rapidement adopté et enrichi par la communauté.

La Linux Foundation, membre du Forum économique mondial, une organisation à but non lucratif qui coordonne et finance le développement de technologies open source, dont Linux et de nombreux projets clés du numérique (cloud, IA, blockchain) a été crée en 2000 après la fusion de deux structures, dont l’Open Source Development Labs, à l’initiative d’un consortium d’entreprises technologiques souhaitant soutenir l’écosystème open source. Parmi les figures clés associées à sa création et à son développement, on retrouve Jim Zemlin et Linus Torvalds.

Un chantier long et structurant

Si l’annonce marque une avancée importante, la mise en œuvre s’annonce complexe. La migration de millions de postes de travail, la formation des agents et l’adaptation des logiciels métiers représentent des défis techniques et organisationnels considérables.

Ce chantier, qui s’étendra sur plusieurs années, sera scruté de près. Il pourrait devenir un modèle pour d’autres pays européens confrontés aux mêmes enjeux de souveraineté numérique, même si la DINUM propose des alternatives aux services dominants des géants du numérique, qui restent dans le giron du WEF.

Source :

Fandroid.

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