Lors de son audition devant une commission parlementaire, mercredi 8 avril, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, a tenu des propos particulièrement marquants sur le rôle stratégique de l’information en période de conflit.
Évoquant des échanges avec des responsables militaires européens, elle a affirmé que ces derniers anticipaient un possible conflit à l’horizon 2029, tout en insistant sur un enjeu central : la communication avec la population.
Une projection militaire assumée
« Les militaires prévoient une guerre avant 2029 », a-t-elle déclaré, en précisant s’appuyer sur des discussions menées avec des responsables de la défense, notamment en Allemagne et en Suède.
« J’ai eu la même discussion en petit comité, avec le chef d’Etat major en France et je ne vous dirait pas les discussions que je peux avoir en France. »
Elle a également mentionné l’intervention du chef d’état-major de l’armée suédoise lors d’une assemblée, à son invitation. Selon elle, il aurait souligné qu’« En temps de guerre, la chose la plus précieuse, c’est la capacité de parler avec la population. »
Un message politique sous-jacent
Ces déclarations interviennent dans un contexte de débat intense sur l’avenir de l’audiovisuel public en France.
En insistant sur le rôle fondamental de la communication en temps de crise, Delphine Ernotte semble également défendre la place et les moyens du service public audiovisuel, régulièrement critiqué sur son coût et son organisation.
Son propos dépasse ainsi la simple analyse géopolitique : il s’inscrit dans une réflexion plus large sur la souveraineté informationnelle et la capacité des États à maintenir un lien de confiance avec leurs citoyens en période de tension.
Les plus sceptiques garderont en tête cette déclaration de Julien Assange : « Une des choses que j’ai découverte est que presque chaque guerre qui a débuté au cours des 50 dernières années a été le résultat de mensonges médiatisés ».