You are currently viewing Canada : La cheffe d’Etat major de la Defense affirme que son pays doit “se préparer à des conflits à grande échelle” 
Jennie Carignan. Photo : @Benjamin Applebaum

Canada : La cheffe d’Etat major de la Defense affirme que son pays doit “se préparer à des conflits à grande échelle” 

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:MONDE
  • Commentaires de la publication :0 commentaire

Dans un contexte international marqué par une instabilité croissante, la cheffe d’état-major de la Défense du Canada, Jennie Carignan, appelle à un changement profond de doctrine militaire. Dans un entretien accordé à Sky News, elle insiste sur la nécessité d’anticiper des guerres conventionnelles de haute intensité. Une prise de position qui traduit un tournant stratégique majeur pour Ottawa.

« Nous devons nous préparer à des conflits de grande ampleur, plus conventionnels. […] Nous avons donc besoin d’un autre militaire, d’une autre armée pour ça, avec différentes capacités », a déclaré le 12 avril la générale Jennie Carignan, à la tête des Forces armées canadiennes depuis juillet 2024.

Une déclaration loin d’être anodine, qui s’inscrit dans un contexte géopolitique en pleine recomposition. Première femme à occuper la fonction de cheffe d’état-major de la Défense, Carignan incarne une génération de hauts gradés façonnée par les opérations extérieures du début du XXIe siècle. Forte de plus de 35 années de service, elle a occupé des postes de commandement dans plusieurs zones de conflit, notamment en Afghanistan, en Bosnie, en Irak et en Syrie. Une expérience du terrain qui nourrit aujourd’hui une lecture inquiétante de l’évolution stratégique mondiale.

Car ce que souligne la générale, c’est avant tout une rupture. Pendant des décennies, l’armée canadienne s’est structurée autour de missions expéditionnaires limitées, souvent sous mandat international. Des interventions calibrées, loin des logiques de guerre totale entre États. Or, selon elle, ce modèle appartient désormais au passé. Le retour de conflits conventionnels, illustré notamment par la guerre en Ukraine, impose une remise à plat des priorités militaires.

Dans ses propos relayés par Sky News, Jennie Carignan insiste sur la nécessité d’adapter l’outil de défense à des scénarios de haute intensité. Cela implique une transformation en profondeur : augmentation des capacités militaires, amélioration de la préparation opérationnelle, et renforcement de la résilience en cas de crise majeure. En filigrane, une conviction s’impose : le Canada ne peut plus se permettre d’être uniquement une force d’appoint dans des opérations internationales.

Ce repositionnement stratégique s’accompagne de plusieurs chantiers majeurs. La défense de l’Arctique, région devenue hautement stratégique face aux ambitions russes et chinoises, figure en tête des priorités. Ce sera d’ailleurs l’un des thèmes majeur de la conférence 2026 du groupe Bilderberg qui va se réunir au mois de juin à Washington.

Le réarmement, longtemps relégué au second plan, revient également au cœur des débats. À cela s’ajoutent les enjeux de recrutement, dans un contexte où les armées occidentales peinent à attirer de nouveaux profils, et la volonté de constituer une réserve stratégique beaucoup plus conséquente.

Depuis 2025, l’armée canadienne évoque d’ailleurs ouvertement la préparation à des « opérations de combat majeures ». Une terminologie qui marque un glissement doctrinal clair : il ne s’agit plus seulement de stabiliser des zones de crise, mais bien de se préparer à des affrontements directs entre puissances étatiques.

Sources directes

  • Sky News, 12 avril 2026 : article titré “We have to get ready for large-scale conflicts, says Canada’s military chief”, qui attribue explicitement cette phrase à Jennie Carignan.
  • Compte X de Sky News, 10 avril 2026 : extrait vidéo/interview diffusé par la chaîne, associé à cette déclaration.
  • AFP, reprise dans La Liberté / Boursorama, 31 mars-1er avril 2026 : Jennie Carignan y explique que “la défense du Canada et de l’Arctique entre dans une nouvelle ère” et parle d’une transformation profonde des forces armées canadiennes.

Laisser un commentaire