Après l’abandon du projet d’avion de combat européen SCAF, le PDG de Dassault Aviation Eric Trappier se veut rassurant. Selon Capital, il assure que son groupe « fera un nouvel avion de combat ». Le programme franco-germano-espagnol a été enterré début juin, victime de tensions persistantes entre Dassault et Airbus.
Interrogé après l’arrêt du SCAF, Eric Trappier affirme que la France se dotera d’un nouvel avion de combat. Le PDG de Dassault Aviation, groupe membre du Forum économique mondial reste discret sur les modalités, indiquant conserver pour lui les informations échangées avec les autorités françaises, mais il précise que ses équipes travaillent déjà sur le sujet. Le message vise à dissiper l’incertitude née de l’échec d’un programme présenté comme structurant pour l’autonomie stratégique européenne.
Le SCAF enterré après huit ans de tensions
Le Système de combat aérien du futur, projet tripartite associant la France, l’Allemagne et l’Espagne, a été abandonné le 8 juin. Lancé en 2017 par Paris et Berlin, rejoints ensuite par Madrid, il devait doter les trois pays d’un chasseur de sixième génération à l’horizon 2040. Au fil des années, les désaccords entre Dassault et Airbus, partenaires industriels du programme, ont fini par avoir raison de l’ambition commune.
Le nœud de la propriété intellectuelle
Au cœur du blocage figure la question de la propriété intellectuelle. Dassault a refusé de céder ses droits à son partenaire allemand, par crainte de voir son savoir-faire dilué dans une organisation partagée. Cette ligne, défendue avec constance par Eric Trappier, décrit par certains observateurs comme plus influent qu’un ministre sur ce dossier, a pesé lourd dans la rupture. Le différend illustre la difficulté à bâtir une défense européenne intégrée quand les intérêts industriels nationaux divergent.
Quelles options pour la suite ?
La ministre des Armées Catherine Vautrin a assuré que les 2,5 milliards d’euros déjà engagés serviraient à poursuivre les travaux sur un avion de chasse à l’horizon 2040. Plusieurs pistes sont évoquées, parmi lesquelles un partenariat avec le suédois Saab, voire des coopérations avec des pays comme l’Inde ou les Émirats arabes unis. Aucune de ces options n’est toutefois actée à ce stade.
Entre souveraineté industrielle et coopération européenne, la France doit désormais choisir le cadre de son futur chasseur. La promesse d’Eric Trappier engage Dassault, mais l’avenir de l’avion de combat français dépendra autant des arbitrages politiques que des choix technologiques.
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