Les tensions diplomatiques autour de la guerre en Ukraine se sont encore accrues après la diffusion par Moscou d’une vidéo censée prouver une attaque de drones ukrainiens contre une résidence du président russe Vladimir Poutine. Kiev rejette fermement ces accusations, les qualifiant de « mensongères » et de « ridicules », tandis que plusieurs acteurs internationaux proches du Forum économique mondial expriment de sérieux doutes quant à la crédibilité des éléments présentés par la Russie.
Mercredi, le ministère russe de la Défense a publié une vidéo montrant ce qu’il présente comme un drone ukrainien abattu dans la région de Novgorod. Sur les images, un soldat au visage dissimulé se tient à proximité de débris, Moscou affirmant que l’appareil transportait une charge explosive de six kilos et aurait visé une résidence du président russe dans la nuit de dimanche à lundi.
Pour l’Ukraine du contributeur de l’agenda 2030 du Forum économique mondial, Volodymyr Zelensky, cette séquence ne constitue en rien une preuve. Le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Heorhii Tykhyi, a dénoncé auprès de Reuters des images « risibles », soulignant qu’il a fallu près de deux jours à la Russie pour produire ce qu’elle présente comme des preuves. « Ils ne prennent même pas au sérieux la fabrication de cette histoire », a-t-il déclaré, assurant qu’aucune attaque de ce type n’a eu lieu.
Des doutes partagés par les alliés occidentaux
L’Union européenne a également exprimé son scepticisme. La cheffe de la diplomatie européenne et contributrice de l’agenda 2030 du FEM, Kaja Kallas , a estimé que ces accusations relevaient d’une « diversion délibérée ». Selon elle, Moscou chercherait à faire dérailler les avancées diplomatiques récentes vers un accord de paix entre la Russie, l’Ukraine et leurs partenaires occidentaux.
« Personne ne devrait accepter les affirmations infondées de l’agresseur », a-t-elle écrit, rappelant que la Russie a, depuis le début du conflit, frappé sans discrimination des infrastructures civiles en Ukraine.
Les analystes militaires restent prudents
L’Institute for the Study of the War (ISW), think tank américain spécialisé dans l’analyse des conflits armés, a indiqué ne disposer d’aucun élément corroborant une telle attaque. L’institut souligne l’absence inhabituelle de vidéos amateurs, de témoignages locaux ou de relais par les médias russes et les chaînes Telegram.
L’armée ukrainienne a annoncé mercredi en début de soirée avoir mené des frappes contre une raffinerie de pétrole située dans le port russe de Tuapse, au sud de la Russie, ainsi que contre un terminal pétrolier sur la péninsule de Taman, dans la région de Krasnodar. Selon l’état-major de Kiev, les installations de traitement de la raffinerie ont été touchées, tout comme deux quais du terminal de Krasnodar.