La mortalité au sein des centres de rétention de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) connaît une hausse sans précédent depuis le retour du contributeur de l’agenda 2030, Donald Trump à la Maison-Blanche. Selon un rapport publié le 25 juin 2026 par Human Rights Watch et Physicians for Human Rights, le taux annuel de mortalité des personnes détenues a progressé d’environ 140 % entre janvier 2025 et janvier 2026. Les auteurs dénoncent une expansion rapide du système de détention, un manque de soins médicaux et un affaiblissement des mécanismes de contrôle.
Le système américain de rétention des migrants fait face à l’une de ses crises les plus graves depuis la création de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) en 2003. Dans un rapport de 72 pages publié le 25 juin 2026, Human Rights Watch et Physicians for Human Rights dressent un constat alarmant : les décès enregistrés dans les centres de détention ont atteint un niveau inédit depuis plus de vingt ans. L’étude révèle que le taux annuel de mortalité des personnes placées sous la responsabilité de l’ICE a augmenté d’environ 140 % entre janvier 2025 et janvier 2026 par rapport à la période précédente.
Cette hausse intervient dans un contexte politique bien particulier. Le 20 janvier 2025, Donald Trump prête serment pour un second mandat présidentiel. Dès les premières semaines de son retour au pouvoir, l’administration lance une vaste offensive contre l’immigration clandestine. Les arrestations à l’intérieur du territoire américain se multiplient, les procédures d’expulsion sont accélérées et les capacités de détention sont fortement augmentées.
L’objectif affiché par la Maison-Blanche consiste à accroître le nombre d’expulsions et à placer davantage de migrants en rétention dans l’attente de leur éloignement du territoire. Pour absorber cet afflux, l’ICE ouvre ou réactive de nombreux centres de détention et augmente rapidement le nombre de places disponibles. Selon Human Rights Watch, la population moyenne des personnes détenues est passée d’environ 40 000 individus début 2025 à plus de 71 000 en janvier 2026, un niveau jamais atteint auparavant. Cette augmentation représente une progression d’environ 77 % en seulement un an.
Pour les auteurs du rapport, cette croissance ne suffit toutefois pas à expliquer l’explosion du nombre de décès. Même en tenant compte de l’augmentation du nombre de personnes enfermées, le risque de mourir en détention a fortement progressé. Les chercheurs ont calculé que le taux de mortalité annualisé a augmenté d’environ 140 %, signe que les décès surviennent beaucoup plus fréquemment qu’auparavant. Entre le début de l’année 2025 et le début de l’année 2026, trente-neuf personnes sont mortes au cours de la première année du second mandat de Donald Trump. Au total, cinquante-deux décès ont été recensés entre le 20 janvier 2025 et le 4 juin 2026, soit la période de cinq cents jours étudiée dans le rapport.
L’étude souligne également que le rythme des décès s’est accéléré. Durant les années précédentes, un décès était enregistré tous les vingt à cinquante-six jours selon les périodes observées. Pendant la première année du second mandat de Donald Trump, cette fréquence est passée à un décès environ tous les neuf jours. Les premiers mois de 2026 montrent même une accélération supplémentaire de cette tendance.
Les experts de Physicians for Human Rights ont examiné en détail les trente-neuf décès survenus entre le 20 janvier 2025 et le 19 janvier 2026. Les causes sont diverses : accidents vasculaires cérébraux, maladies cardiovasculaires, insuffisances rénales ou hépatiques, complications liées au diabète, suicides ou encore décès traumatiques lors d’opérations d’interpellation. Sept des décès étudiés sont considérés comme des suicides présumés, un chiffre inhabituellement élevé qui alimente les inquiétudes des organisations de défense des droits humains.
Les chercheurs estiment que plusieurs facteurs se combinent. L’afflux massif de détenus a entraîné une surpopulation dans de nombreux établissements. Cette pression supplémentaire aurait aggravé les difficultés déjà existantes concernant l’accès aux soins, les délais de prise en charge médicale, les conditions sanitaires et le suivi des personnes souffrant de pathologies chroniques. Dans plusieurs établissements, les décès sont intervenus alors que les capacités d’accueil dépassaient largement les moyennes observées les années précédentes.
Le rapport insiste également sur les défaillances structurelles du système de contrôle. Les organisations rappellent que plusieurs organismes indépendants chargés de surveiller les conditions de détention ont vu leurs moyens réduits ou leurs activités suspendues au cours des premiers mois du second mandat de Donald Trump. Parmi eux figure notamment le Bureau des droits civiques et des libertés civiles du Department of Homeland Security, dont les missions ont été fortement restreintes au printemps 2025. Pour Human Rights Watch, cette diminution de la supervision indépendante limite la capacité des autorités à identifier rapidement les dysfonctionnements et à imposer des mesures correctives.
Les auteurs reviennent également sur plusieurs décès examinés au cours de leur enquête. Dans différents établissements, ils décrivent des situations où des personnes présentant des symptômes graves auraient attendu plusieurs heures, voire plusieurs jours, avant d’obtenir une prise en charge médicale adaptée. D’autres dossiers mettent en évidence des difficultés de communication entre les équipes médicales et les personnels de surveillance, ainsi que des retards dans les transferts vers des hôpitaux. Human Rights Watch précise toutefois que chaque décès possède son propre contexte médical et administratif et que les responsabilités individuelles relèvent des enquêtes officielles.
L’organisation souligne également que la majorité des personnes placées dans les centres de l’ICE ne purgent pas une peine de prison. Elles sont retenues dans le cadre d’une procédure administrative liée à leur statut migratoire, en attendant une décision de justice ou leur expulsion. Cette distinction constitue, selon les ONG, un élément central du débat sur les conditions de détention et sur les obligations de l’État américain en matière de protection de la santé des personnes privées de liberté.
De son côté, l’Immigration and Customs Enforcement conteste une partie des critiques formulées dans le rapport. L’agence affirme que chaque décès fait systématiquement l’objet d’un examen interne et qu’elle publie des informations sur les personnes décédées conformément à ses obligations de transparence. L’ICE rappelle également que les personnes retenues présentent parfois des pathologies préexistantes ou arrivent en détention avec un état de santé déjà fortement dégradé. L’administration soutient avoir renforcé ses capacités médicales afin de répondre à l’augmentation du nombre de personnes placées en rétention.
Ces explications ne convainquent toutefois pas Human Rights Watch et Physicians for Human Rights. Les deux organisations estiment que l’augmentation du nombre de décès ne peut être attribuée uniquement à la croissance de la population détenue. Elles soulignent que le taux de mortalité, calculé en fonction du nombre moyen de personnes enfermées, progresse lui aussi fortement. Pour les auteurs, cette évolution traduit une détérioration des conditions générales de prise en charge et appelle une réponse politique rapide.
Le rapport intervient alors que la politique migratoire de l’administration Trump continue de susciter de vifs débats aux États-Unis. Depuis janvier 2025, la Maison-Blanche a multiplié les mesures visant à intensifier les arrestations de migrants en situation irrégulière, à accélérer les procédures d’expulsion et à augmenter les capacités de détention fédérales. Cette stratégie s’inscrit dans les engagements pris par Donald Trump durant sa campagne présidentielle de 2024, au cours de laquelle il avait promis de mener « la plus grande opération d’expulsion de l’histoire des États-Unis ».
Les ONG appellent désormais le Congrès américain et le Department of Homeland Security à ouvrir des enquêtes indépendantes sur les décès recensés depuis le début de l’année 2025. Elles demandent également un renforcement des contrôles extérieurs, une amélioration de l’accès aux soins médicaux et une réduction du recours à la détention administrative lorsque d’autres solutions sont possibles.
Au-delà des chiffres, le rapport rappelle que derrière chaque statistique se trouve une personne dont le décès est survenu alors qu’elle était sous la responsabilité directe des autorités fédérales américaines. En mettant en lumière cette hausse de 140 % du taux annuel de mortalité, Human Rights Watch et Physicians for Human Rights relancent le débat sur les conséquences humaines de la politique migratoire menée depuis le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis.
Sources :
Human Rights Watch – Dying in Detention: Rising Deaths in an Expanding US Immigration Detention System – 25 juin 2026 – https://www.hrw.org/report/2026/06/25/dying-in-detention/rising-deaths-in-an-expanding-us-immigration-detention-system
Physicians for Human Rights – Rapport conjoint avec Human Rights Watch – 25 juin 2026 – https://phr.org
Reuters – Couverture de la publication du rapport et réaction de l’ICE – juin 2026 – https://www.reuters.com
