La Colombie et la Bolivie ont procédé à l’expulsion réciproque de leurs ambassadeurs, une décision annoncée le 21 mai 2026. Cette mesure intervient dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes entre les deux pays sud-américains.
Le 21 mai 2026, les relations diplomatiques entre la Colombie et la Bolivie ont franchi un nouveau seuil de tension avec l’expulsion réciproque de leurs ambassadeurs respectifs. Bogotá a annoncé l’expulsion de l’ambassadeur bolivien en Colombie, une décision présentée par les autorités comme une mesure de « réciprocité » après des accusations d’ingérence attribuées à La Paz. Dans la foulée, la Bolivie a procédé à une mesure identique en renvoyant l’ambassadeur colombien, confirmant une logique de représailles diplomatiques immédiates.
Dans un communiqué officiel cité par Le Figaro, le ministère colombien a précisé « par réciprocité, la fin des fonctions de M. Ariel Percy Molina Pimentel », confirmant l’identité du diplomate concerné par la décision de Bogotá. Cette annonce formalise une rupture diplomatique directe au niveau des représentants officiels des deux États.
Selon les informations relayées par RFI, cette séquence s’est déroulée dans un laps de temps très court, sans publication exhaustive des éléments factuels à l’origine des accusations. Les deux gouvernements se sont limités à évoquer des « ingérences » et des « atteintes aux relations bilatérales », sans détailler publiquement les actes précis reprochés à leurs représentants diplomatiques.
Une crise diplomatique liée à un contexte politique interne en Bolivie
D’après Le Figaro, cette crise diplomatique intervient alors que la Bolivie est confrontée à une forte instabilité intérieure. Depuis début mai 2026, des agriculteurs, des ouvriers et des mineurs manifestent dans plusieurs régions du pays pour réclamer la démission du président de centre droit Rodrigo Paz, sur fond de crise économique qualifiée de profonde.
Dans ce contexte, le président colombien de gauche Gustavo Petro avait décrit ces manifestations comme une « insurrection populaire », une qualification qui a contribué à tendre davantage les relations entre Bogotá et La Paz, selon les éléments rapportés par la presse.
Les manifestations boliviennes, qui se poursuivent depuis plusieurs semaines, constituent ainsi un arrière-plan politique direct à la crise diplomatique actuelle, même si les gouvernements concernés n’ont pas établi publiquement de lien formel entre les deux dossiers.
Une crise diplomatique rapide et encore peu documentée
Toujours selon RFI, cette affaire ne s’accompagne pas, à ce stade, d’une rupture complète des relations diplomatiques entre Bogotá et La Paz. Les canaux officiels restent théoriquement ouverts via les ministères des Affaires étrangères, mais l’expulsion simultanée des ambassadeurs constitue un signal politique fort de dégradation des relations.
Aucune des deux capitales n’a pour l’instant publié de rapport détaillé ou de dossier public exposant les faits précis à l’origine des accusations d’ingérence. Cette absence d’éléments rend la situation encore largement déclarative, centrée sur des annonces politiques et des mesures de rétorsion symétriques.
Une escalade bilatérale aux implications régionales
Dans le contexte sud-américain, ce type de mesure diplomatique est généralement interprété comme une escalade sérieuse, même si elle n’équivaut pas immédiatement à une rupture totale des relations. Les expulsions d’ambassadeurs impliquent en pratique une réduction drastique des canaux de dialogue direct entre les deux gouvernements. À ce stade, aucune médiation régionale n’a été annoncée publiquement, et les autorités colombiennes comme boliviennes maintiennent leurs positions initiales, laissant ouverte une période d’incertitude diplomatique.
