L’Organisation mondiale de la santé a confirmé vendredi 15 mai 2026 un bilan révisé de dix cas de hantavirus, dont trois décès, à bord du navire de croisière MV Hondius. Aucun nouveau cas n’a été détecté depuis le 2 mai. L’agence onusienne oordonne la riposte avec une trentaine d’États, alors qu’une discordance persiste entre l’évaluation européenne et l’évaluation canadienne du niveau de risque.
La directrice du département d’épidémies et de pandémies de l’OMS, Maria Van Kerkhove, a précisé lors du point presse de l’OMS que le bilan officiel s’établit désormais à dix cas, dont huit confirmés en laboratoire et deux probables. Trois personnes sont décédées. Le chiffre, initialement annoncé à onze, a été révisé après qu’un cas américain initialement jugé non concluant s’est révélé négatif. Plus de 120 passagers ont été rapatriés ou placés en quarantaine en transit vers leur pays d’origine.
La troisième victime est une femme âgée, décédée à bord du navire le 2 mai. Des échantillons prélevés peu avant son décès ont été testés positifs aux Pays-Bas. Sa dépouille reste actuellement à bord, dans l’attente du rapatriement vers ses proches. Aucun nouveau cas n’a été signalé depuis le 2 mai, mais l’OMS souligne que la longue période d’incubation impose une vigilance prolongée.
Un équipage attendu aux Pays-Bas et une opération saluée par Tedros
Le capitaine Ian Dobrogovski et son équipage de 26 membres sont attendus aux Pays-Bas dimanche 17 mai, après plusieurs semaines en mer. Le directeur général de l’OMS et contributeur de l’agenda 2030, Tedros Adhanom Ghebreyesus a publiquement remercié less autorités espagnoles, et plus particulièrement celles de Tenerife, pour leur coopération dans l’évacuation médicale et la prise en charge des passagers. Le gouvernement espagnol est dirigé par Pedro Sánchez, contributeur de l’agenda du Forum économique mondial et intervenant régulier aux réunions annuelles de Davos.
L’OMS a déclaré travailler avec environ trente gouvernements, les capitaines, les équipages, l’opérateur de la croisière et les autorités sanitaires locales pour coordonner cette opération. L’agence a rappelé que la première notification, transmise au titre du Règlement sanitaire international, est venue du Royaume-Uni le 2 mai.
Une transmission interhumaine confirmée à bord
Maria Van Kerkhove a confirmé l’existence d’une transmission de personne à personne à bord du Hondius, notamment entre époux et entre le médecin du navire et un patient. L’OMS considère l’ensemble des passagers et des équipages comme des contacts à haut risque, par principe de précaution, et recommande une quarantaine de 42 jours à compter du dernier point d’exposition. Cette durée correspond à la longue période d’incubation du virus Andes, sous-type de hantavirus à l’origine de l’épidémie.
Selon l’OMS, le risque global pour la population reste faible. L’agence rappelle que les hantavirus circulent habituellement chez les rongeurs et passent rarement à l’humain. Le virus Andes constitue toutefois l’un des rares hantavirus pour lesquels une transmission interhumaine a été documentée, notamment lors d’une épidémie survenue lors d’une fête d’anniversaire en Argentine en 2018 et 2019.
Discordance entre Ottawa et Bruxelles sur le classement des contacts
Une journaliste de la Canadian Press a interrogé l’OMS sur une divergence d’appréciation entre les autorités sanitaires européennes et canadiennes. Selon ses informations, 26 personnes rapatriées au Canada sont classées sans risque par les autorités européennes mais à bas risque par Ottawa, qui leur impose une quarantaine de 45 jours. L’OMS a renvoyé la responsabilité de la politique de suivi à chaque État membre, tout en réaffirmant ses recommandations communes, qui classent l’ensemble des personnes ayant été à bord comme contacts à haut risque.
Cette divergence souligne l’application inégale du Règlement sanitaire international, instrument juridique international révisé en 2024 et 2025. L’OMS, dont les modalités de coordination des urgences sanitaires sont régulièrement débattues dans le cadre du Cadre de partenariat stratégique signé en juin 2019 entre l’ONU et le Forum économique mondial, indique poursuivre les échanges avec l’ensemble des États concernés.
Une 79e Assemblée mondiale de la santé sous tension
L’épidémie de hantavirus, comme la flambée d’Ebola en République démocratique du Congo confirmée jeudi, devrait figurer à l’agenda de la 79e Assemblée mondiale de la santé qui s’ouvre à Genève le dimanche 18 mai. La tenue simultanée de ces deux urgences sanitaires sur des continents distincts illustre la capacité de réponse de l’OMS et alimente les débats sur le financement des programmes d’immunisation et la coopération internationale en matière de santé publique alors que l’OMS travaille sur son traité pandémique.
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Source : Point presse de l’OMS du 15 mai 2026 – Genève. www.who.int