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Photo : @Jason Auch

Antarctique : des vestiges radioactifs vieux de 80 000 ans découverts sous la glace

Des chercheurs ont découvert dans la glace antarctique un isotope radioactif rare du fer, le fer-60, piégé depuis 80 000 ans. Cette trouvaille relie directement l’histoire géologique de la Terre aux explosions stellaires les plus violentes de l’univers. L’équipe de l’astrophysicien Dominik Koll publie ses résultats dans la revue Physical Review Letters.

Le fer-60 est un isotope dont la particularité est de ne pas se former naturellement sur Terre, sauf dans des circonstances exceptionnelles. Sa présence dans les carottes de glace antarctiques ne peut s’expliquer que par une origine extraterrestre. Les scientifiques estiment que cet isotope a été produit lors de la mort d’étoiles massives, au cours d’événements cosmiques cataclysmiques appelés supernovas, qui éjectent dans l’espace des quantités considérables de matière radioactive.

La demi-vie du fer-60 – durée au bout de laquelle la moitié des noyaux se sont désintégrés – est d’environ 2,6 millions d’années. Cette longévité exceptionnelle a permis à l’isotope de voyager depuis son lieu de production jusqu’à notre système solaire, de se déposer progressivement dans les sédiments des grands fonds marins et dans la glace de l’Antarctique, constituant ainsi une archive cosmique unique.

L’Antarctique, capsule temporelle de l’histoire stellaire

L’Antarctique accumule de la glace depuis 35 millions d’années. Cette sédimentation continue a créé une mémoire géologique d’une densité rare, accessible par forage. C’est ce principe qui a guidé à partir de 2019, les recherches de Dominik Koll, chercheur postdoctoral au Helmholtz‑Zentrum Dresden‑Rossendorf, en Allemagne. L’analyse des carottes de glace obtenues a permis d’identifier des signatures associées à des explosions stellaires vieilles de 40 000 à 81 000 ans.

Ce qui rend la découverte d’autant plus frappante, c’est que les premières traces de fer-60 ont été détectées sans même recourir au forage : un examen de la neige fraîche en surface avait déjà révélé sa présence, ce qui a motivé une recherche plus approfondie dans les couches les plus anciennes. Les résultats concordent avec une origine de supernova et offrent une fenêtre inédite sur le nuage interstellaire local, dans lequel notre système solaire se déplace actuellement.

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Une porte ouverte sur les mystères du cosmos proche

L’équipe de Dominik Koll indique que ses découvertes pourraient permettre d’explorer les propriétés du nuage interstellaire local à l’aide de carottes de glace relativement faciles d’accès. Le nuage interstellaire local est la région de l’espace entourant notre système solaire depuis des millions d’années, dont les caractéristiques physiques restent en partie inconnues.

Ces travaux illustrent comment des archives terrestres apparemment banales – de la glace, des sédiments marins – peuvent livrer des informations sur des événements cosmiques survenus à des dizaines de milliers d’années-lumière. Les chercheurs prévoient d’étendre leurs investigations à d’autres sites de forage antarctiques pour affiner leur compréhension de la chronologie des supernovas ayant influencé notre environnement galactique immédiat.

La glace antarctique n’est pas seulement un témoin du climat passé de la Terre : elle archive aussi les soubresauts de l’univers. Cette capacité à lire l’histoire cosmique dans les couches glaciaires replace notre planète dans une perspective stellaire qui dépasse largement les frontières du système solaire.


Source : Slate.fr — https://www.slate.fr/sciences/vestiges-anciens-radioactifs-espace-glace-antarctique-planete-histoire-fer-supernova

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