Dans un tweet publié le 12 mai 2026, Ségolène Royal, ancienne ministre, candidate à la présidentielle de 2007 et présidente de la COP21, a vivement réagi à une séquence vidéo impliquant Emmanuel Macron lors d’une conférence sur la culture au Kenya.
Le président français participait au sommet « Africa Forward » à Nairobi, co-organisé avec le Kenya. Lors d’une session consacrée à la culture à l’université de Nairobi, un brouhaha dans la salle a poussé Emmanuel Macron à intervenir. Visiblement agacé, il est monté sur scène pour demander le silence : « Je vais rétablir l’ordre », a-t-il lancé, avant d’expliquer qu’il était impossible de « parler de culture » avec un tel bruit, qualifiant cela de « manque de respect total » envers les intervenants. Il a suggéré aux personnes discutant de sortir ou de rejoindre les salles de réunions bilatérales. La vidéo de l’incident, largement diffusée par BFM TV et reprise sur les réseaux, a rapidement suscité des réactions contrastées en France et en Afrique. La réaction de Ségolène Royal
Dans son message sur X, Ségolène Royal qualifie la scène de « stupéfiante ». Elle interroge : « De quel droit faire une leçon au public kenyan ? » Selon elle, « la presse africaine est consternée » et cet épisode risque d’être perçu comme un comportement « néo-colonial ». Elle rappelle le recul de l’influence française sur le continent, particulièrement en Afrique francophone, où « aucun pays francophone n’a accepté de recevoir ce sommet ». L’ancienne ministre plaide pour une « relation de confiance égalitaire, partenariale » avec l’Afrique, un « grand continent voisin, jeune et plein d’avenir ». Elle évoque également des promesses non tenues, citant l’Alliance solaire internationale lancée après la COP21, alors que des centaines de millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité. Son message se conclut par un appel au « respect, du suivi et du sérieux ».
Des réactions divisées
Les réponses au tweet de Ségolène Royal sont très partagées. Certains internautes l’accusent d’instrumentaliser l’incident pour critiquer systématiquement Emmanuel Macron, tandis que d’autres lui reprochent de minimiser l’importance du respect des orateurs.
Plusieurs voix soulignent que demander le silence dans une conférence n’est pas une leçon de colonialisme, mais une simple règle de courtoisie. D’autres, au contraire, y voient une illustration des difficultés persistantes de la diplomatie française en Afrique.
Sur le fond, cet épisode intervient alors que la France tente de repositionner ses relations avec le continent, en privilégiant des partenariats avec des pays anglophones comme le Kenya, après des tensions dans le Sahel.
Le sommet « Africa Forward » a d’ailleurs été l’occasion d’annonces d’investissements importants.
Un débat plus large
Au-delà de la personnalité de Ségolène Royal, connue pour ses prises de position tranchées sur les questions internationales et climatiques, cette polémique révèle les sensibilités persistantes autour de l’image de la France en Afrique. Pour les uns, l’intervention de Macron incarne un leadership assumé ; pour les autres, elle renvoie à des réflexes d’autorité dépassés. L’affaire illustre surtout la difficulté, pour la diplomatie française, de trouver le ton juste dans un continent en pleine mutation, où les attentes d’égalité et de respect mutuel sont de plus en plus affirmées.
